Les céréales à paille, à cause de leur complexité, sont les parents pauvres de la recherche génétique. Et pourtant elles représentent la moitié des surfaces cultivées en Europe. L’Inra a décider de piloter un programme scientifique européen visant une meilleure connaissance du blé tendre et de l’orge pour mettre au point de nouvelles variétés capables de répondre efficacement aux besoins futurs en nourriture et en énergie.
Afin de répondre aux défis alimentaires, environnementaux et énergétiques des années à venir, la recherche agronomique doit mettre au point rapidement de nouvelles variétés de céréales. C’est dans cette optique que le projet TriticaeGenome, coordonné par l’Inra de Clermont-Ferrand, a été officiellement lancé le 11 juin. Ce programme scientifique réunit quinze organismes de recherche européens (France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni…) et deux industriels pour un budget de 7,5 millions d’euros (dont 5,3 millions financés par l’UE). Le but est séquencer certains chromosomes de blé tendre et d’orge pour identifier précisément les gènes d’intérêt agronomique. Il sera ainsi plus facile d’aboutir à la création, par croisements, de nouvelles variétés plus productives, mieux adaptées à des usages industriels et énergétiques, moins sensibles au stress hydrique ou aux parasites.
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Des espèces encore peu étudiées
La famille des triticées regroupe le blé, l’orge ou encore le seigle. Ces céréales à paille couvrent plus de la moitié des surfaces cultivées en Europe et elles constituent un élément majeur de la nutrition humaine et animale et de la chimie du végétal. Mais du fait de sa complexité, le génome de ces plantes est encore mal connu en comparaison de celui du riz ou du maïs. Un premier groupe de chercheurs va donc s’atteler à établir une carte précise – c’est-à-dire localiser la position de chaque gène – de 6 chromosomes déjà identifiés comme intéressants au point de vue agronomique. Une fois ce travail terminé, une deuxième équipe va pouvoir caractériser le rôle de chacun des gènes repérés. Il sera alors possible de savoir quel est le gène – ou le groupe de gènes – qui confère à la plante une certaine précocité, un rendement élevé ou une meilleure qualité de fruits. Ces études préalables vont ainsi permettre d’accélérer fortement l’étape de sélection des plants les plus performants obtenus par croisement. Ils seront immédiatement identifiables génétiquement sans avoir à attendre qu’ils arrivent à maturité pour connaître leurs qualités. Les résultats seront largement diffusés auprès de la communauté scientifique européenne pour que les applications profitent au plus vite à l’agriculture.