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Recherche L’Inra souhaite la prolongation des essais sur peupliers OGM

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L’Institut national de la recherche agronomique (Inra) souhaite la prolongation des essais en plein champ sur peupliers génétiquement modifiés, a-t-il indiqué début juin, alors que la consultation publique organisée par le ministère de l’Agriculture s’est achevée le 27 mai et que le ministère doit trancher pour ou contre la prolongation courant juin.

L’Inra attend du ministère de l’Agriculture une extension pour cinq ans de la précédente expérimentation autorisée en 2007. Le Haut conseil des biotechnologies (HCB) avait rendu un avis en date du 22 avril 2013.
Dans cet avis, le Comité scientifique du HCB a émis un avis favorable à la poursuite de cet essai compte tenu du fait que « les mesures pour limiter la dissémination sont en adéquation avec les risques propres à l’espèce et à la conduite de l’expérimentation et de nature à prévenir toute dissémination et persistance après expérimentation ». Parallèlement, une majorité des membres présents du Comité économique, éthique et social (CEES) du HCB avait recommandé de son côté l’arrêt de l’essai, au motif que « même si le risque direct est minime et quel que soit le montant des dépenses finalement engagées » ils ne voient pas de réel intérêt à procéder à un nouvel essai.

Un pas de temps qui se prête à l’étude sur longue période

L’Inra met en avant le fait que pour des espèces à cycle long, comme celui des arbres, la prolongation des essais serait utile à la production de connaissances. Il s’agit de connaissances génériques sur la façon dont la production de bois s’élabore et dont les gènes s’expriment ou se désactivent, et sur les interactions avec les champignons du sol. De plus, ces connaissances peuvent être extrapolées à d’autres plantes, comme le blé ou le riz, selon l’Inra.
Parmi les nombreux volets de ces essais, l’Inra étudie les différentes utilisations possibles du bois, a expliqué Olivier Le Gall, directeur général délégué de l’Inra, le 4 juin pour Agra. Que faire de la cellulose ? Que faire de la lignine ? La production d’éthanol est-elle viable ou vaut-il mieux produire du papier ? Ou l’inverse et dans quels cas ? Et pour ces différentes utilisations, quels sont les gènes qui sont exprimés ? En outre, si un cycle de taillis à courte rotation n’est que de trois ans, il est utile d’examiner le comportement des arbres au deuxième, voire au troisième cycle, car à partir du deuxième, l’arbre coupé forme un buisson à partir des rejets, et l’élaboration de la cellulose n’est pas la même d’un cycle à l’autre, a ajouté Olivier Le Gall.
La lignine est l’un des principaux composants du bois. Son rôle est de cimenter les microfibrilles de cellulose entre elles et ainsi d’apporter rigidité, imperméabilité et résistance à la décomposition. Dans un contexte énergétique tendu et face à l’enjeu de produire des biomatériaux performants, de nombreuses recherches ont été lancées afin de libérer plus facilement la cellulose, substrat pour diverses production comme celle de papier ou celle de biocarburants dits de « 2e génération ».
Tous ces thèmes de recherche relèvent de la production de connaissances, loin de partenariats avec des opérateurs industriels de l’énergie, des semences ou du papier, a estimé Olivier Le Gall, pour éclairer les membres du CEES, qui émettaient des craintes à ce sujet.

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