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Maïs L’insecticide Cruiser homologué pour la campagne 2009/2010

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Le 15 décembre, le ministère de l’Alimentation a annoncé l’autorisation de l’insecticide Cruiser en traitement semence sur maïs pour la campagne 2009/2010. Une décision qui ne fait pas l’unanimité du côté des associations défenseurs de l’environnement… ni des céréaliers.

Deux jours plus tôt que l’an dernier. C’est le 15 décembre 2009 au lieu du 17 en 2008 que le ministère de l’Alimentation a annoncé l’autorisation pour la campagne 2009/2010 d’utiliser l’insecticide Cruiser 350 en traitement de semences sur maïs. Le 19 juin, Michel Barnier, alors ministre de l’Agriculture, s’était refusé à trancher cet épineux dossier, le laissant à son successeur, Bruno Le Maire. Le ministère justifie finalement sa décision par l’avis émanant de l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) le 1er décembre dernier. L’autorisation est stricte : l’insecticide à base de thiamétoxam ne pourra être utilisé que sur les maïs ensilage, grain et porte-graine femelle. En ce qui concerne les maïs doux et porte-graine mâle, l’Afssa conditionne son avis favorable à des contraintes que le ministère juge trop difficiles à mettre en œuvre sur le terrain. Principal changement par rapport à l’an dernier : le Cruiser 350 est utilisable sur toutes les parcelles, même celles ensemencées en 2008 ou en 2009 avec des graines traitées. L’autorisation délivrée les deux années précédentes impliquait de n’utiliser le produit sur une même parcelle qu’un an sur trois.

Précautions d’emploi
L’emploi du traitement de semences reste soumis à un certain nombre de précautions. Le semis doit avoir lieu avant le 15 mai, avec une densité limitée à 110 000 graines par hectare. Les semences doivent être enfouies. L’obligation de mettre en place des déflecteurs sur les semoirs pneumatiques demeure en vigueur, afin de limiter les émissions de poussières de produit. Elle est complétée par une interdiction de semer par grand vent, dont les conditions auront besoin d’être précisées. « Le plan de suivi mis en place en 2008 et en 2009 sera poursuivi et amélioré en 2010 », signale par ailleurs le ministère dans un communiqué diffusé le 15 décembre. Un nouveau dispositif de surveillance des effets non intentionnels sur la biodiversité est prévu. Objectif : « En particulier, vérifier l’absence de risque sur les papillons et les insectes pollinisateurs », précise le ministère. Mais, même avec ces conditions restrictives, l’autorisation délivrée par le ministère suscite toujours autant le courroux des organisations environnementales, qui refusent catégoriquement l’emploi du Cruiser. « Les études d’effets à long terme sur l’abeille fournies par Syngenta donnent des résultats inquiétants sur plusieurs sites d’étude, mettant en évidence les effets nocifs du Cruiser sur les abeilles », a signalé la Confédération paysanne dans un communiqué publié le 15 décembre. Selon le syndicat, « ce n’est pas la première fois que l’Afssa fait une présentation partielle des études disponibles ». Il renouvelle donc « sa demande d’interdiction de ces insecticides ».

Un produit qu’il faut autoriser pour dix ans selon les céréaliers
Même son de cloche chez France Nature environnement, qui a fait parvenir un courrier à Bruno Le Maire la veille de l’annonce de l’autorisation. L’organisation y dénonce l’absence de publication d’un rapport de suivi sur la campagne 2009. « Aucun élément ne permet donc de lever les présomptions de forte nocivité pour les pollinisateurs qui pèsent sur le Cruiser », écrit FNE. « Vous comprendrez que, dans ces conditions, le retrait définitif du Cruiser apparaît comme la seule décision acceptable », ajoute l’association. Les producteurs de maïs ne sont pas plus satisfaits de la décision ministérielle. Le 15 décembre, Orama, branche grandes cultures de la FNSEA, s’est insurgée contre une autorisation « pour une seule campagne ». « Soit le produit est dangereux et il faut l’interdire, soit il a démontré sa sûreté vis-à-vis des abeilles et il doit être homologué pour dix ans comme tout autre produit de protection des cultures », a résumé Christophe Terrain, vice-président d’Orama et président de l’AGPM (producteurs de maïs) par communiqué. Le dossier reste « chaud ».

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