Abonné

Moyen-Orient L’insécurité alimentaire s’est aggravée en Egypte

- - 3 min

En 2011, 17% des Egyptiens étaient en situation d’insécurité alimentaire, et 31% des enfants montraient des retards de croissance, selon un rapport auquel a notamment participé le Programme alimentaire mondial. Cette situation, due à l’augmentation de la pauvreté et à une succession de crises, pourrait s’être aggravée depuis.

La pauvreté et l’insécurité alimentaire se sont aggravées en Égypte entre 2009 et 2011, selon un rapport conjoint du Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM), de l’Agence centrale du gouvernement égyptien de la mobilisation publique et des statistiques (CAPMAS) et de l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), publié le 21 mai 2013. 13,7 millions d’Égyptiens (soit 17% de la population) étaient en insécurité alimentaire en 2011 contre 14% en 2009.
L’enquête montre également que le taux des retards de croissance chez les enfants de moins de 5 ans a atteint 31% en 2011, au-delà des seuils les plus élevés déterminés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et contre 23% en 2005. « Ces retards de croissance sont le signe d’une malnutrition chronique aux effets irréversibles et qui empêche l’enfant d’atteindre son plein potentiel de développement  mental et physique », commente le rapport. En Egypte s’étaient déroulées les « émeutes de la faim » en 2008, causées par la flambée des prix alimentaires.

Des causes multiples

« L’impossibilité pour les populations d’avoir une alimentation suffisante et nutritive est liée à l’augmentation de la pauvreté et à une succession de crises depuis 2005, notamment l’épidémie de grippe aviaire en 2006, les crises alimentaires, énergétiques et financières entre 2007 et 2009 et un environnement macroéconomique difficile ces dernières années », explique GianPietro Bordignon, représentant du PAM en Égypte. Un ménage moyen consacre 40,6% de ses dépenses à son alimentation, voire la moitié pour les plus pauvres, ce qui les rend encore plus vulnérables aux fluctuations des prix alimentaires.
Si les chiffres pris en compte s’arrêtent en 2011, le rapport suggère que la situation s’est empirée avec la période de transition qui a suivi la révolution.

Les subventions peu efficaces

En Egypte existent depuis longtemps des subventions sur certains produits alimentaires, ainsi que des cartes de rationnement pour certains foyers. Selon le rapport, « les subventions ont joué un rôle important pour minimiser l’impact de la hausse des prix alimentaires sur les familles pauvres, mais elles ne sont pas adaptées  pour résoudre tous les défis liés à la pauvreté ». Les pertes enregistrées dans la chaîne d’approvisionnement en pain Baladi, pain traditionnel subventionné, sont estimées à 30%. Le système de carte de rations souffre également d’un ciblage faible et limité: il couvre 68% de la population mais exclut 19% des ménages les plus vulnérables. Le PAM et l’IFPRI préconisent « des actions mieux ciblées visant la nutrition et la sécurité alimentaire ainsi que des initiatives destinées à favoriser la création d’emplois dans les zones pauvres » pour lutter contre la malnutrition.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

gouvernement
Suivi
Suivre
recherche
Suivi
Suivre