Certifiées ou pas, plusieurs entreprises de la région Paca, de toutes tailles, engagées dans une démarche qualité, pratiquent un échange de bons procédés en procédant à des audits réciproques.
Tous les ans, une trentaine d’entreprises de Paca reçoivent un auditeur et un observateur de deux autres entreprises régionales non concurrentes qui viennent vérifier leur bonne intégration pratique des objectifs de leur référentiel qualité. La formule est gérée par le CRITT Agroalimentaire Paca pour le compte de la FRIAA (ARIA) et de Coop de France Alpes Méditerranée. Chaque année, au mois de janvier, Sylvie Perret, conseillère technologique en qualité et sécurité des aliments, réunit les entreprises intéressées, certaines adhérentes d’un des deux réseaux, d’autres pas. Ensemble, les participants réalisent un bilan de l’année écoulée et construisent le programme de l’année suivante. Chaque entreprise recevra dans ses murs, pendant une journée, en toute confidentialité, un auditeur et un observateur, le plus souvent issus de sociétés différentes. « L’auditeur est une personne agréée à l’audit et la certification, l’observateur, est plutôt en phase d’apprentissage », précise Sylvie Perret. « L’opération permet de disposer d’un regard extérieur sur sa propre entreprise et son management de la qualité, explique Franck Bedouin, directeur général de la Biscuiterie de Provence à Saint-Maurice-sur-Eygues (Drôme). Cette visite prend la forme, pour beaucoup, d’un bac blanc avant l’audit officiel annuel de l’entreprise. Cette opération permet d’accroître les relations conviviales entre responsables d’entreprises régionales. Nous sommes tour à tour auditeur et audité ».
Le système s’équilibre avec la mise en place d’un compte temps. Chaque auditeur est crédité d’une journée de travail pour son intervention dans une entreprise tiers, chaque observateur d’une demi-journée. Chaque audité est débité d’une journée qu’il devra rendre en tant qu’auditeur ou observateur pour remettre les comptes à zéro. La compensation s’effectue au cours de l’année dans la plus grande transparence grâce au plan d’action défini dès janvier. « Cette formule permet aux auditeurs et observateurs de s’enrichir de retours d’expériences sur les bonnes pratiques des entreprises qu’ils visitent, reprend Sylvie Perret. Nous comptons des entités de toutes tailles, de Coca-Cola à la TPE, des secteurs de la viande, de la biscuiterie, du fruit, des boissons ou des coopératives agricoles. Les coopératives viticoles acceptent facilement de s’auditer entre concurrents à la différence des industriels de l’agroalimentaire ».
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Une trentaine d’entreprises participe à cette formule reprise par le CRITT en 2010 alors qu’elle était tombée en jachère dans la région. Pour s’inscrire, la cotisation annuelle s’élève à 100 € pour les adhérents de la Friaa et à Coop de France, 450 € HT pour les non-adhérents. « Cette formule permet aux entreprises de se dispenser de cabinets conseils extérieurs beaucoup plus coûteux pour un même niveau de prestations, soutient Sylvie Perret. L’auditeur s’attaque en général à un point précis qui fait souci dans l’entreprise visitée. Nous assistons, d’une année sur l’autre à un faible turn-over des participants ». Chaque audit croisé participe à l’amélioration permanente de leurs performances industrielles.