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Spiritueux/Résultats  L’intégration réussie d’Allied Domecq fait sur-performer Pernod RIcard

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L’exercice annuel 2005-2006 de Pernod Ricard, clos le 30 juin a été marqué par l’intégration réussie d’Allied Domecq acquis mi-2005. En effet, en seulement 11 mois, tous les objectifs annoncés ont été atteints ou dépassés puisque le bénéfice net du groupe français de spiritueux a progressé de 32% à 639 millions d’euros pour un chiffre d’affaires d’un peu plus de 6 milliards d’euros, en hausse, lui, de 68%. L’exercice 2006-2007 se situera dès lors dans le haut de la fourchette des prévisions, assure la direction du groupe.

Le groupe français de vins et spiritueux Pernod Ricard est prêt à se lancer dans de nouvelles acquisitions après avoir réussi l’intégration du britannique Allied Domecq, acquis fin juillet 2005, et réalisé un désendettement beaucoup plus rapide que prévu.

Pernod Ricard a retrouvé des marges de manoeuvre, grâce à un désendettement rapide, pour de futures acquisitions qui viendraient compléter son portefeuille de marques, ont indiqué les dirigeants du groupe lors de la publication des résultats annuels de l’exercice 2005/2006 (juillet-juin).

« Nous pourrions être candidats si des choses intéressantes se présentent», a indiqué Patrick Ricard devant la presse. Parmi les principales boissons visées : la vodka Absolut quand le nouveau gouvernement suédois va la mettre en vente aux enchères Cf ce numéro, même rubrique, Industrie Europe, la vodka russe Stolichnaya, dont le groupe français veut acquérir la pleine propriété de la marque, et une autre marque de tequila.

En revanche, le p.-d.g. du groupe a indiqué qu’il avait décidé de ne plus vendre les apéritifs français (Dubonnet, Suze, Ambassadeur, etc..), contrairement à ce qu’il avait annoncé il y a quelques mois, les prix proposés s’étant révélés trop faibles.

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Coût d’intégration un peu réduit

L’intégration des marques et des équipes d’Allied Domecq est terminée et son coût sera finalement moindre qu’anticipé (entre 350 et 400 MEUR contre 450 M initialement estimés) et, dès l’exercice 2006/2007, Pernod Ricard bénéficiera de la totalité des 270 M EUR de synergies de frais de structure visés (soit avec un an d’avance sur le calendrier initial). Pour 2006-2007, la qualité du portefeuille de marques et la puissance du réseau de distribution Pernod Ricard devraient permettre de générer une forte croissance interne de l’activité et des profits. De plus la mise en oeuvre, avant la fin de l’année 2006, des nouvelles plates-formes stratégiques (positionnement, publicité, packaging), devrait favoriser le dynamisme des marques Allied Domecq. Ceci permet au groupe d’anticiper pour le prochain exercice une croissance interne du chiffre d’affaires située dans le haut de l’objectif long terme de +4 à +6% et de confirmer l’objectif d’une forte croissance à deux chiffres du résultat net courant part du groupe, hors effet devises.

Europe et France à la traîne

Pour l’exercice écoulé, clôturé le 30 juin, si le chiffre d’affaires du « nouveau » Pernod Ricard a progressé de 68 % à 6,066 milliards d’euros hors droits et taxes, l’apport des marques d’Allied Domecq en est responsable pour l’essentiel. Sinon, la croissance interne de Pernod Ricard ressort à +4,3 % grâce à la dynamique des marque clés comme Jameson (+12 % en volume), Chivas (+11 %), Martell (+11 %) ou The Glenlivet (+10 %). Tullamore Dew, Midori) et qui disparaîtront en 2006/2007.

Par régions, l’Asie et le reste du monde ainsi que les Amériques ont encore été les principaux moteurs de la croissance des profits sur l’exercice avec des progressions respectives de +10,1 % et +5,5 % (croissance interne) de la contribution après frais publi-promotionnels des marques Pernod Ricard. L’apport des marques Allied Domecq accroît le poids de ces deux régions au sein de Pernod Ricard en renforçant le leadership en Asie et en doublant la taille en Amérique. Au total, ces deux zones ont généré un résultat opérationnel courant de 680 M EUR soit 54% des profits du groupe. L’Europe (croissance interne du CA hors vrac : + 0,8%) et la France (croissance interne négative de -1,1%) ont connu un exercice plus difficile. Toutefois, le redressement des anisés sur les quatre derniers mois est un « rayon de soleil sur l’activité française », a souligné Pierre Pringuet, directeur général délégué. La maîtrise des investissements publi-promotionnels a de fait globalement permis une croissance significative de la contribution des marques Pernod Ricard en Europe (croissance interne : +3 %) et une stabilité de celle-ci en France. Ces deux zones ont réalisé ensemble un résultat opérationnel courant de 574 M EUR.