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Sommet du Végétal L’interdiction du Mon 810 provoque la colère des céréaliers

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Lors de la clôture du Sommet du végétal 2012 organisé par Orama, Bruno Le Maire a été vivement critiqué par Xavier Beulin et Philippe Pinta pour sa position sur le Mon 810. Le 13 janvier dernier, le ministre de l’Agriculture s’est engagé à interdire la culture de la semence, au grand regret des organisations céréalières.

«Comment avez-vous pu régler leur compte aux OGM en à peine 3 mots ? », s’est scandalisé Philippe Pinta, président d’Orama, auprès du ministre de l’Agriculture lors de la session de clôture du Sommet du végétal. « C’est là un déni de justice, accompagné d’un déni scientifique », s’est-il emporté, avant de qualifier de « catastrophique » l’arrêt des recherches OGM de BASF en Europe. Le 13 janvier dernier, Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet se sont en effet engagés à interdire la culture du Mon 810 malgré la levée du moratoire sur la semence de Monsanto par le Conseil d’Etat. « Ou bien les arguments du Conseil sont nuls et non avenus, ce dont je doute fortement, ou alors cela veut dire que c’est l’opinion qui fait la loi, et cela, n’est pas possible », a asséné Xavier Beulin, président de la FNSEA. « Le débat doit être scientifique et rigoureux. Finalement j’en viens à me poser la question de l’intérêt de maintenir, à travers le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB), un comité éthique. Ne sommes-nous là qu’en tant que faire valoir? », s’est interrogé le président de la FNSEA. Sous les huées des congressistes, Bruno Le Maire a pourtant maintenu sa position, considérant que les agriculteurs ne peuvent pas s’« exonérer de l’opinion publique sur un sujet aussi sensible que les OGM ». Le ministre de l’Agriculture estime qu’un passage en force sur le sujet risquerait de créer « une rupture » entre le monde agricole et le reste de la France. Mais Bruno Le Maire a toutefois souhaité apporter un soutien aux OGM en qualifiant d’ « obscurantistes » les attaques faites contre les organismes génétiquement modifiés.

Le taux de coexistence sera fixé à 0,9%

Afin de reconquérir une assemblée plutôt hostile, Bruno Le Maire a en outre annoncé se plier à l’avis du HCB sur la question de la coexistence. « Je le dis ici haut et fort, ma position en matière de coexistence sera une position de 0,9% ». La législation française fixe depuis 2008 à 0,1% le taux de contamination aux transgènes pour les filières d’agriculture sans OGM. Le ministre de l’Agriculture a ainsi affirmé une ligne politique différente des orientations écologiques jusqu’ici adopté en France. « Je ne veux pas d’écologie dogmatique, radicale, qui menace les capacités de production de notre pays », a-t-il lancé. Une écologie d’ailleurs qualifiée de « punitive » par le président de la FNSEA. « Nous avons quantité d’exemples où nous pouvons démontrer que lorsque nous prenons le temps du diagnostic et de l’expertise, un certain nombre de solutions existent sans handicaper le potentiel agricole et économique de nos filières, tout en ayant une performance environnementale d’excellente qualité », a affirmé Xavier Beulin lors de cette cérémonie de clôture. Devant des auditeurs particulièrement nerveux, Bruno Le Maire a concédé « un fossé entre les paroles et les actes » de sa politique. « J’ai l’honnêteté de reconnaître devant vous qu’en matière du respect des règles environnementales, d’assouplissement de ces règles, le compte n’y est pas, il faut que les choses changent rapidement », a-t-il tenu à préciser.

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