Abonné

Salon L’international et l’innovation boostent le Sial 2010

- - 9 min

La crise ne signe pas la fin de l’innovation, au contraire. Et les professions de l’agroalimentaire, sous toutes les latitudes, l’ont sans doute bien compris puisqu’elles répondent plus que jamais présent au grand rendez-vous mondial des produits nouveaux et des tendances à venir que constituera le prochain Sial à Paris en octobre 2010.

Tout se liguait pour donner des appréhensions aux organisateurs du Salon international de l’alimentation (17-21 octobre à Paris-Nord Villepinte) : les difficultés économiques, le ralentissement de la consommation, le recul des exportations de 2009,… Pourtant, à 212 jours de l’ouverture du salon 2010, les deux moteurs du Sial que sont l’international et l’innovation, fonctionnent toujours bien. A preuve, « les réservations fermes occupent déjà 85 % de la surface, exactement comme pour l’édition 2008 à pareille époque », annonce Valérie Lobry, directeur général du Sial. Et la participation internationale promet d’être toujours aussi forte.

Un résultat obtenu notamment grâce à la fidélité de nombreux exposants qui, forts de l’expérience 2008, ont précocement retenu leur place pour l’édition 2010, souvent avec une surface légèrement en hausse. Mais les primo-entrants ne sont pas en reste : 150 nouvelles sociétés exposantes ont déjà manifesté leur intérêt pour le prochain Sial.
Côté nations, 83 pays ont répondu présents huit mois avant l’ouverture du salon. Israël, l’Algérie, le Portugal et les Emirats arabes unis se dotent même d’un pavillon à leurs couleurs. Le Liechtenstein, la Moldavie et Saint Marin sont également attendus.

Percée de la Turquie, l’Egypte, l’Inde
Si la crise qui affecte le sud de l’Europe entraîne un recul de 20 % du nombre d’entreprises espagnoles ou grecques, la participation de l’Italie apparaît stable. En revanche, sont en forte croissance des pays comme la Turquie, l’Egypte, l’Inde, la Pologne, le Maroc, la Chine, Chypre et les Etats-Unis. Deux nationalités figurent pour la première fois au Sial, Oman et Barbade.
Autre surprise, les secteurs les plus chahutés par la conjoncture n’apparaissent nullement en repli puisque les pavillons les plus importants seront les produits laitiers, les viandes, avec les surgelés, les produits sucrés et la panification. Et les indicateurs sont bons pour l’épicerie fine et le bio, se réjouit la directrice du salon, Adeline Vancauwelaert.
En fait la crise n’induit guère d’attentisme sur les projets de participation aux salons leaders : « Les économies, les entreprises les font ailleurs, sans doute au détriment de leur présence sur des plus petits salons », suggère-t-elle. Elles ne réduisent même pas le nombre de mètres carrés loués sur le Sial ; après avoir augmenté sensiblement entre 2006 et 2008, la surface moyenne des stands reste stable cette année, selon la directrice du salon. Tout au plus, les régions de France tardent-elles un peu à prendre leur décision actuellement.
Une des nouveautés de cette année est le regroupement du vin à proximité des autres boissons afin de faire jouer une logique d’achat de « liquides » plus performante. Parmi les 16 000 visiteurs de l’espace dédié au vin beaucoup sont en effet des acheteurs multi-produits et ne fréquentent pas les salons spécialisés, d’où une approche très pédagogique de cet univers, notamment la présentation des meilleurs rapports qualité-prix (opération Best-Buy) et la découverte des vins des exposants selon les cépages et les styles.

Trois salons contigus
Mais le fait majeur de cette année, c’est surtout la tenue conjointe des trois salons Sial, IPA et In-Food dans le parc de Villepinte qui a été agrandi d’un nouveau hall : ainsi la logique de filière sera complète, avec à la fois les produits, les équipements et les produits intermédiaires, les ingrédients et les solutions de sous-traitance. Pour ce 5e In-Food,, les taux élevés de satisfaction dégagés aux précédentes éditions (92 % des 110 exposants, 96 % des 38 000 visiteurs) expliquent la croissance qui est encore annoncée cette année où ses stands seront dans le voisinage immédiat de ceux des produits laitiers.
IPA s’annonce conforme à ses succès antérieurs où l’on dénombrait quelque 600 exposants, dont 48 % d’internationaux, présentant des équipements et des technologies de transformation ainsi que des machines d’emballage et de conditionnement. Sur 44 000 visites attendues, 36 % proviendraient de l’étranger. Comme le Sial avec ses produits nouveaux, IPA sera marqué fortement par l’innovation technologique avec son espace recherche-développement, son forum innovation-recherche qui présentera les grands programmes européens en cours, et bien sûr avec son concours IPA de l’innovation.

C’est le moment d’innover
Au Sial lui-même, l’innovation est partout mise en valeur. Pour ce faire, les organisateurs du salon ont des méthodes éprouvées mais ils redoublent d’inventivité cette année pour faire plus encore afin de répondre aux besoins des professionnels Car « la crise économique ne signe pas la fin de l’innovation. Elle la rend même plus nécessaire que jamais pour survivre et assurer l’avenir à long terme des entreprises », comme l’affirme Olivier Tardy, directeur associé au Boston Consulting Group (BCG), dans son rapport Innovation 2009, Making Hard Decisions in the Downturn. Une analyse largement confirmée par la première édition du Baromètre Innovation by Sial, qui cherche à mesurer l’impact de l’innovation sur le comportement des entreprises agroalimentaires et analyse les pratiques industrielles, les tendances et leurs perspectives.
En effet, selon cette étude, 94% des industriels pensent que c’est le moment d’innover, 81% estimant en outre que le rythme des innovations va s’accélérer dans les prochaines années. Création de recettes et conception de nouveaux formats et packagings sont à l’heure actuelle les deux grands axes d’innovation tandis que le domaine « nutrition - santé » est jugé très prometteur. En outre, d’ici à 5 ans, les industriels comptent bien travailler sur le développement durable et les innovations technologiques ou processus permettant une réduction des coûts.

Mieux décoder l’offre
C’est donc le rôle du Sial de chercher à aider les professionnels de l’alimentation à anticiper, comprendre, analyser, sélectionner et agir. Au fil des années, le salon est devenu une référence mondiale en terme d’innovation, de décodage de l’offre innovante dans le monde et de révélation des grands courants porteurs de la consommation en France et à l’international.
En 2010, on y retrouvera donc :
– L’Observatoire Tendances & Innovations, qui présente une exposition de 800 nouveautés, parmi lesquelles une sélection des 350 produits alimentaires jugés le plus innovants et des zooms sur les tendances de consommation actuelles.
– Le Food Design fera lui aussi la part belle à la prospective et à la création de concepts par des étudiants designers de l’Esad de Reims. Cette année, pour aller plus loin dans la démarche et aborder une réflexion plus large et plus conceptuelle sur l’acte de manger, avec le regard visionnaire du designer, l’Esad et le Sial ont choisi une thématique transversale intéressant tous les secteurs, sous l’intitulé « Les Paysages Alimentaires ».
– Autre temps fort de l’innovation, La Cuisine du Sial, zone d’expression et de créativité privilégiée pour la gastronomie, permettra cette année encore de faire goûter aux visiteurs les dernières créations culinaires.
– Le Village Nutrition-Santé accueillera des conférences sur les perspectives de l’alimentation et de la santé dans le monde : évolution des programmes de prévention, développements de produits, tendances phares, conscience du consommateur... En outre des parcours Alimentation et Santé seront proposés à quelque 15 000 visiteurs intéressés.
– Le Wine Innovation Forum permettra à de grandes maisons, des marques internationales de renom, de venir témoigner de leurs avancées et innovations marketing dans le monde du vin. Un programme de conférences et un espace de dégustations leur sont dédiés, avec cette année une mise en avant des démarches responsables.
– L’espace Spécial Gourmets va renforcer la visibilité du secteur épicerie fine qui avait fait une entrée remarquée au Sial 2008 au point de générer une autre manifestation en 2009 Gourmet Wine & Food Selection by Sial. Ce secteur a le vent en poupe en France et représente 3,2 milliards d’euros. C’est l’un des espaces les plus visités du Sial (plus de 28 000 visiteurs en 2008, soit 226 visiteurs par stand). Cette année s’y ajoute une animation produits gourmets qui offre une sélection des produits du salon rares et originaux.
L’ensemble de ce vaste dispositif « Innovation » ne serait pas complet sans les fameux Sial d’Or qui récompensent depuis 1986 des innovations devenues des succès commerciaux dans les linéaires de 30 pays.
Et enfin deux nouvelles approches sont ajoutées cette année : In-Store Service & Solutions, et un Parcours Restauration. In-Store est dédié à la valorisation des produits en magasin : solutions PLV, services apportés par les fabricants aux GMS, tour du monde des concepts de distribution les plus innovants et les nouveaux concepts de magasins, réflexion sur la vente à emporter les solutions-repas en GMS,… Et pour que les professionnels de la RHF se sentent partout chez eux au SIAL, un parcours leur est proposé parmi les 1600 exposants qui ont une offre spécifique pour les restaurants dont la visibilité sera ainsi améliorée à l’intention de quelque 21 000 visiteurs de ce secteur.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.