Après une même annonce ce mois-ci en Vallée du Rhône, l’interprofession du vin de Bordeaux (CIVB) a lancé, le 20 octobre, un prix d’orientation. Le dispositif est similaire, basé sur l’article 172 ter de l’OCM, mais avec un indicateur en deçà du coût de production. Ce prix d’orientation est « calculé sur la base de données objectives », explique le CIVB. Mis en œuvre sur l’appellation bordeaux rouge en vrac (27 % de la production AOP du vignoble), il intègre les coûts de production et les prix de marché. Or, les vignerons vendent aujourd’hui à perte. Leur vin est commercialisé à 877 €/tonneau en moyenne sur 2025-2026, constate l’interprofession. Insuffisant face au coût de revient à 1 320 €/tonneau pour les cinq derniers millésimes, selon un échantillon d’une centaine de producteurs. Le CIVB propose un prix d’orientation à mi-chemin, atteignant 1 100 €/tonneau.
« On s’inscrit dans une trajectoire de remontée progressive des cours vers les coûts de production », a déclaré en conférence de presse Stephane Héraud, au nom du collège production. Il y a « une volonté de revalorisation des prix dans la filière », selon le représentant du négoce Jean-Raymond Clarenc. Les deux familles souhaitent « un meilleur équilibre entre préservation du produit (valeur et image de qualité) et conditions de marché, dans le respect de la liberté de fixation des prix », appuie le communiqué, en visant « une plus juste rémunération des acteurs de la filière ». Comme Inter Rhône, première interprofession à lancer un prix d’orientation via l’article 172 ter, le CIVB boude le tunnel de prix, inscrit dans la récente loi d’urgence agricole. « On se concentre sur cet outil » de l’OCM, indique le co-président Bernard Farges. « Utiliser tout en même temps, c’est le meilleur moyen que rien ne fonctionne. »
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JCD