Abonné

Conserverie L’interprofession de la tomate d’industrie veut miser sur la production française

- - 4 min

Petit poucet mondial, la filière française de tomate destinée à la transformation croit en son avenir. Sans lutter contre les géants mondiaux inaccessibles, la tomate française pourrait déjà saisir les opportunités du marché intérieur, estime la Sonito, l’interprofession française de la tomate transformée.

En 2016, 188 exploitations ont produit 185 000 tonnes de tomate destinée à la transformation en France. En 2000, elles étaient plus de 700 et produisaient plus de 320 000 tonnes. Malgré ce déclin, la Sonito, qui fêtera bientôt ses 60 ans, a refusé de laisser la filière disparaître. Depuis 2009, elle s’est stabilisée, avec une production qui tourne autour des 180 000 tonnes en fonction des conditions climatiques et un nombre d’exploitations autour des 180, situées dans le sud de la France.

Un marché en France

En 2015, la France était le 4e plus gros consommateur européen (UE des 15) de tomate transformée, derrière le Royaume-Uni, l’Italie et l’Allemagne. Les Français ont consommé 1,2MT de tomate transformée, soit 13 % de la consommation totale européenne. « La consommation nationale a tendance à ré-augmenter depuis quelques années », constate Pascal Lenne, directeur de la Sonito. Les Français sont demandeurs de tomate transformée et pourtant, la France ne couvre que 13,5 % de ses besoins domestiques. « En 2016, la facture des importations a augmenté de près de 5 % par rapport aux trois années précédentes, à plus de 342 millions d’euros », indique la Sonito.

Pays-Bas et Allemagne : des exportateurs pas producteurs

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

interprofession
Suivi
Suivre

L’Italie (39 %), l’Espagne (31 %), l’Allemagne (12 %), le Portugal (7 %), les Pays-Bas (5 %) et la Belgique (3 %) constituent les principaux fournisseurs de dérivés de tomates de la France. Les places de l’Italie, de l’Espagne et du Portugal ne sont pas vraiment surprenantes, ces trois pays étant dans le top 10 des producteurs mondiaux de tomate transformée. L’Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique qui ne produisent pas de tomates ont quant à eux misé sur l’industrie : ils achètent du concentré de tomate auprès des gros producteurs mondiaux (la Californie, l’Italie et la Chine produisent à eux trois 58 % des quantités mondiales) qu’ils transforment eux-mêmes. Ainsi, derrière les États-Unis, le plus gros exportateur mondial de ketchup et sauce tomate sont… les Pays-Bas ! L’Allemagne arrive en 4e place, après l’Italie. Quant à la question de savoir d’où provient le concentré de tomate qu’ils achètent, la Sonito n’a pas les informations précises, mais le plus gros exportateur mondial de concentré de tomate n’est autre que la Chine.

Recherche variétale

Lorsque l’on sait que les consommateurs français sont de plus en plus sensibles à l’origine France et aux produits bio, l’idée de renforcer la production française ne semble pas saugrenue. « Il y a de la demande en France, il faut y répondre ! », affirme Pascal Lenne qui estime nécessaire de « faire de la recherche variétale pour trouver des espèces plus résistantes au froid et plus tardives afin d’élargir la période de transformation », actuellement limitée à dix semaines par an. C’est le seul moyen aujourd’hui pour augmenter la production de tomate transformée à outil industriel constant. Sachant qu’une usine de transformation de tomate coûte environ 8 millions d’euros, selon les dires de Pascal Lenne, et que la filière française est encore bien fragile, les investissements industriels ne semblent pas être à l’ordre du jour…