Conscient des difficultés de la filière laitière, le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier a de nouveau légitimé le rôle de l’interprofession dans la fixation du prix du lait payé aux producteurs. Suite aux conclusions du groupe de travail instauré il y a quelques semaines, Michel Barnier a proposé la mise en place d’un «dispositif souple» pour les mois à venir, avant de trouver un nouveau mécanisme à partir d’avril 2009. Réuni hier au sein du Cniel, l’Atla et la FNPL ne semblent pas avoir réussi à se mettre d’accord, la fédération de producteurs jugeant «les positions des entreprises inacceptables».
Suite aux conclusions d’un groupe de travail ministériel mis en place il y a quelques semaines, Michel Barnier, ministre de l’Agriculture, a choisi de redonner les pouvoirs à l’interprofession laitière dans la fixation du prix du lait payé aux producteurs. L’interdiction de la DGCCRF faite en mai dernier est donc mise aux oubliettes. Le ministre de l’Agriculture a ainsi décidé de mettre en place un « dispositif souple » dans la « continuité » du précédent système avant l’instauration d’un autre mécanisme à partir d’avril 2009. « Ce mécanisme sera fondé sur des indicateurs élaborés par l’interprofession au plan national et répondant à la nécessité d’une plus grande réactivité par rapport aux évolutions du marché ». Il n’y aura toutefois pas de «recommandation, comme c’était le cas jusqu’à maintenant», souligne le ministère.
Négociations au point mort
C’est donc dans la plus grande discrétion que le Cniel (Centre national interprofessionnel de l’économie laitière) s’est réuni les 9 et 14 octobre dernier pour tenter de mettre d’accord industriels et producteurs sur les indicateurs servant à la fixation du prix. Rappelons qu’Entremont a été le premier à proposer un prix du lait en dehors du cadre de l’interprofession, faisant bondir les producteurs Cf Agra alimentation n°2029-2030 du 28/08/2008 page 12. Le groupe a décidé de faire machine arrière et de revenir dans les négociations interprofessionnelles organisées par le Cniel.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Toutefois, ces deux réunions ont été infructueuses pour la FNPL qui dénonce « les positions inacceptables des entreprises » et appelle à l’action. « Aucune avancée ne s’est dessinée et les bases proposées par les entreprises sont toujours les mêmes. Selon les fabrications, elles aboutiraient à une baisse de 40 à 70 euros pour 1 000 litres au quatrième trimestre et à une baisse de 100 à 120 euros pour 1 000 litres au premier trimestre 2009 ». La fédération juge « inconcevables » ces baisses pour les éleveurs « dont les charges ont progressé de près de 20% en un an ».