Les enseignes de grande distribution recommencent à mettre la pression sur les industriels, dénonce l'interprofession laitière.
LA guerre des prix est de retour entre les enseignes de grande distribution, alerte le Cniel (l'interprofession laitière), dans un communiqué du 10 juillet. « Les enseignes reviennent sur les tarifs négociés avec les transformateurs, demandent des compensation de marges et menacent de déréférencements », explique Thierry Roquefeuil, président du Cniel.
« La grande distribution doit prendre ses responsabilités : l'interprofession laitière demande donc que les négociations initiales et contrats annuels soient respectés. Nous demandons l'arrêt des pratiques abusives pour que la valeur profite à l'ensemble des maillons de la chaîne », ajoute t-il.
Un prix qui ne suit pas le marché européen
Depuis un an, des réunions ont lieu entre l'interprofession et la grande distribution. Le Cniel a soulevé ce problème lors de la dernière d'entre elles, il y a quelques jours. « Les choses avaient évolué, mais quelques mois après, on se retrouve dans le circuit infernal de la dégringolade des prix », témoigne Thierry Roquefeuil. « Le marché intérieur est déconnecté avec le marché européen », avance t-il, avec des prix plus élevés chez nos voisins.
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Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a annoncé mi-juin vouloir rencontrer les distributeurs pour comprendre ce qu'il se passe. Mercredi 16 juillet, la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale va également réaliser des auditions sur les relations commerciales. En première réaction le 3 juillet, le président de la branche Métiers du grain Christian Pèes avait estimé que « globalement, c'est une mesure à peu près équivalente au CICE, donc c'est satisfaisant pour nous ». Avec un bémol concernant les coopératives viticoles : elles bénéficient en effet déjà d'un allègement sur la C3S – pas d'une exonération, contrairement à ses propos repris dans la presse.
Deux ans d'avance
Stéphane Le Foll salue également la mesure. « Cette mesure s'appliquera avec deux ans d'avance sur les autres entreprises pour la coopération agricole, selon un communiqué du ministère de l'Agriculture le 9 juillet. Il s'agit là d'accroître la compétitivité d'un secteur riche en main d'œuvre non délocalisable, au regard des règles de gouvernance des coopératives, et qui emploie 163 000 salariés. »
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale rectificative (PLFSSR) pour 2014 traduit le pacte de responsabilité avec les entreprises. Son examen au Sénat est fixé à partir du 15 juillet, l'adoption définitive par le Parlement étant prévue vers le 23 juillet. Rien n'est donc joué. Le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2014 a, lui, été rejeté par les sénateurs le 8 juillet.