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Filière porcine L’interprofession porcine révèle sa stratégie de compétitivité d’ici 2015

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Le prix du porc au MPB (Marché du porc breton) est en recul de 5 centimes sur les 5 premiers mois de l’année 2010 par rapport à la même période en 2009. Et environ 30% des éleveurs sont actuellement endettés à plus de 100%. Une situation de crise qui remonte à 2007. Dans ce contexte, l’interprofession s’est réunie le 29 juin à Paris afin de dévoiler sa stratégie de reconquête de la compétitivité perdue.

Le « Projet stratégique Filière porcine française 2015 » a été le thème phare de l’assemblée générale d’Inaporc (interprofession nationale porcine) qui s’est déroulée le 29 juin 2010 à Paris. Avec une baisse de la valeur ajoutée depuis 3 ans, une inadéquation de l’offre à la demande, une volatilité des prix, un fort taux d’endettement, la filière porcine cherche les remèdes adéquats pour un rétablissement de longue durée.

Porc 2015

Après six mois de réflexion au sein de l’interprofession, les différentes familles d’Inaporc sont parvenues à dresser une liste des enjeux auxquels elles vont devoir faire face dans les années à venir. Qu’il s’agisse du secteur de l’alimentation animale, de l’élevage, de l’abattage-découpe, de la transformation ou de la distribution, tous s’accordent à dire que l’enjeu principal est la compétitivité. Pour l’élevage en particulier, il s’agit de pouvoir réduire les coûts unitaires de production, de développer les performances techniques et génétiques, de restructurer et moderniser les élevages via la mise en place d’un fonds de développement et de modernisation portant sur l’amont de la filière, d’optimiser les outils de fixation du prix et de valoriser le produit final.
Une fois les enjeux bien identifiés, l’interprofession a imaginé trois scénarios d’avenir. Un seul a été retenu : celui qui vise à maintenir une croissance de la production et se fixe comme objectif d’atteindre 27 millions de porcs d’ici 2015. L’interprofession porcine compte sur un plan d’actions consistant à lutter collectivement contre les distorsions de concurrence au plan européen en réduisant certains écarts de fiscalité et contraintes réglementaires, à assurer un haut statut sanitaire via la mise en place d’un système d’assurance collectif par exemple, et à réduire les consommations énergétiques ou encore développer des énergies renouvelables agricoles (méthanisation, photovoltaïque, etc.). L’interprofession souhaite aussi restaurer la valeur ajoutée et les marges pour tous les maillons de la filière mais aussi soutenir les régions à faible densité porcine pour un développement de modèles différenciés. Renforcer la marque VPF et donner une image « plus sexy » de la filière sont aussi au programme. Enfin, elle souhaite focaliser l’effort de recherche et développement et maîtriser l’impact environnemental de la filière (en développant des méthodes d’éco-conception de produits et en établissant un plan d’action « Développement durable » concernant la formation, l’apprentissage et les formations continues au sein de la filière).

Mettre en place un indicateur de compétitivité d’ici la fin 2010

L’assemblée générale d’Inaporc a aussi été l’occasion de présenter un projet de l’Ifip (Institut du porc) sur l’évaluation de la compétitivité de la filière porcine française. Ce projet, qui bénéficie du soutien financier d’Inaporc, a pour objectif de situer la compétitivité de la filière porcine française par rapport à ses concurrents européens et tiers. Un indicateur de compétitivité intégrant divers critères (coûts, prix, organisation de la filière, capacité à conquérir des parts de marché par l’adaptation à la demande, la qualité des produits, l’image de marque, etc.) devrait même voir le jour d’ici la fin de l’année 2010, afin d’établir un suivi en continu de la position relative de la France.

L’amendement Le Fur au cœur des débats

Enfin, l’interprofession a souhaité revenir sur les dossiers d’actualité. L’amendement Le Fur concernant la lourdeur administrative des dossiers sur les installations classées a été au cœur des débats en fin de matinée. « Je comprends qu’on veuille trouver des alliances avec les écologistes en vue des prochaines élections mais c’est au détriment de l’agriculture », a lancé Jean-Michel Serres, président de la FNP (Fédération nationale porcine) au représentant du ministère de l’Agriculture. Ce à quoi Pascal Vinet, directeur de cabinet du ministre, a répondu : « Le problème n’est pas politique mais juridique. S’affranchir de l’enquête publique est un principe anticonstitutionnel et non conforme à la règle européenne. » Le directeur de cabinet du ministre a néanmoins proposé de cibler l’amendement sur les cas de modernisation ou de regroupement des élevages qui seraient exemptés des procédures d’enquêtes publiques déjà réalisées. De plus, le dossier du bien-être a été abordé. « Le ministre a entendu la demande de M. Roué et M. Serres, a annoncé le représentant du ministre. On veut mettre quelques moyens pour aider les élevages qui vont se mettre aux normes. On est en train de calibrer les enveloppes. Par contre, je suis désolé pour ceux qui se sont déjà mis aux normes. »

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