A l'occasion du Conseil des ministres de l'agriculture de l'UE, le ministre italien a une nouvelle fois attiré l'attention de ses collègues sur les perspectives peu reluisantes du secteur du sucre et en particulier le niveau passablement bas des prix du sucre en Europe. Afin d'anticiper les conséquences sociales qui pourraient découler de l'abolition des quotas sucriers en 2017, il a plaidé pour l'instauration d'un « groupe de haut niveau » sur les problèmes du secteur du sucre pour suivre de près l'évolution de la période de transition.
Lors du Conseil des ministres de l'agriculture de l'UE, le 16 novembre à Bruxelles, le ministre italien, Maurizio Martina, a attiré l'attention de ses pairs et de la Commission européenne sur les perspectives, jugées « désespérantes », du secteur du sucre en Europe et plus particulièrement pour certains Etats membres comme l'Italie. Il a demandé à la Commission de réfléchir à des mesures afin d' amortir les difficultés du secteur provoquées par la perspective de la fin des quotas sucriers en 2017. Le ministre italien a notamment plaidé pour la mise sur pied d'un « groupe de haut niveau » qui aurait pour mission d'analyser la situation actuelle et future de l'industrie du sucre. Le groupe d'experts devrait en même temps mettre en œuvre les mesures extraordinaires nécessaires pour assurer une transition « en douceur » d'un système de quotas « protectionniste » vers un système de libre marché. L'appel du ministre italien a été soutenu par plusieurs Etats membres (notamment la Belgique, l'Espagne, le Portugal, la Grèce, la Croatie, la Finlande, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie). D'autres Etats membres (comme par exemple le Royaume-Uni ou la Suède) ont souligné – en même temps que le commissaire européen à l'agriculture, Phil Hogan – que la fin du système de quotas pour le sucre avait été décidée en 2008 et que la Pac réformée avait déjà permis de reporter de deux ans (2017 au lieu 2015) la date limite pour faciliter la transition. Le commissaire a aussi rappelé qu'un « groupe d'experts » a déjà été mis en place pour faire le point sur les conditions de la fin du système de quotas et pour suivre de près l'évolution du marché du sucre en Europe. Ce groupe s'est en effet réuni à trois reprises cette année (26 mars, 25 juin et 29 octobre). Mais le ministre italien, Maurizio Martina, a fait remarquer à ses collègues et au commissaire européen que ce groupe d'experts a, jusqu'à présent, focalisé ses analyses uniquement sur la situation du marché du sucre « sans aucune discussion sur des solutions concrètes possibles pour faire face à la crise que traverse le secteur sucrier en Europe ».
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Le ministre italien a expliqué à ses collègues que le secteur du sucre subit depuis plusieurs années une forte pression sur les prix, lesquels se situent à leur niveau « le plus bas depuis l'instauration du système d'Observatoire et de Relevé des prix en 2006 ». Selon lui, la décision d'abolir les quotas de sucre d'ici le 1er octobre 2017 et la chute drastique des prix ont un impact négatif sur la viabilité économique de l'ensemble du secteur sucrier de l'UE. Dans ce scénario, le ministre a rappelé que la Commission a publié une étude récente réalisée par la DG Agriculture (Prospects for agriculture markets and income in the EU 2015-2024) et d'après laquelle les prix sur le marché sucrier européen, après une légère hausse en 2016, vont tomber à 392 euros la tonne en 2017. Aux yeux du ministre italien, « la situation actuelle et le scénario présenté par la Commission elle-même avec un tel niveau des prix à la fin des quotas, menacent la viabilité de la production de sucre dans le nombreux États membres de l'UE et, par conséquent, l'emploi qui, directement ou indirectement, en dépend ». Selon lui, « avec ces niveaux de prix, de nombreux opérateurs dans les différents États membres ne seront plus en mesure de produire et seront forcés de quitter la production et les agriculteurs abandonneront la production de betteraves avec tous les dommages qui en résulteraient pour l'environnement agricole ». Dès lors, Maurizio Martina a appelé la Commission à mettre sur pied un « groupe de haut niveau » approprié « comme cela a déjà été fait pour d'autres secteurs et dans lesquels il a été possible d'évaluer et de proposer des solutions concrètes y compris des mesures extraordinaires ».