Moins de deux ans après le scandale financier et le krach dont a été victime le groupe, l’italien Parmalat est à nouveau coté à la Bourse de Milan. Un de ses compatriotes, Granoralo, envisage déjà de lancer une offre sur son concurrent, tandis que Lactalis et d’autres fonds d’investissement seraient également intéressés. De son côté, le commissaire extraordinaire de Parmalat, Enrico Bondi, continue de multiplier les assignations en justice contre de nombreuses banques, qu’il accuse d’avoir participé à la chute du groupe.
Au moment de son retour en Bourse, Parmalat commence déjà à susciter les convoitises. Le groupe agroalimentaire italien Granarolo envisage ainsi de lancer une offre sur son concurrent Parmalat, mais pas de façon imminente, a indiqué sa directrice générale, Rossella Saoncella. « Nous étudions une offre, probablement une offre d’achat et d’échange mais ce ne sera pas dans l’immédiat, a-elle déclaré . Nous allons voir comment évolue la situation ». Outre Granarolo, numéro un italien du lait frais, le groupe français Lactalis est cité parmi les éventuels prétendants à une reprise de Parmalat.
Lactalis pourrait être intéressé
Le groupe français n’a pas souhaité faire de commentaire en indiquant qu’il était beaucoup trop tôt pour envisager des mouvements sur Parmalat. Le français a déjà repris en novembre 2003 les activités de collecte de lait de Parmalat en Normandie, ainsi qu’une des deux usines du groupe dans la région. Lactalis aurait cependant choisi Deutsche Bank pour le conseiller, tandis que Granarolo sera épaulé par Banca Intesa. Outre des fonds d’investissements, qui seraient également sur les rangs, Nestlé pourrait présenter un intérêt à la reprise du groupe italien.
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Retour en Bourse
Parmalat a fait son retour à la Bourse de Milan, le 6 octobre, moins de deux ans après la découverte d’un trou de près de 14,3 milliards d’euros dans ses comptes. Ce retour en Bourse a été rendu possible par l’approbation du plan de conversion des dettes de Parmalat en titres du nouveau groupe. Les nouveaux actionnaires seront les créanciers de l’ancienne Parmalat qui vont recevoir des titres de la nouvelle société, sur la base d’un ratio établi selon l’origine des créances. Près de 70 sociétés du groupe Parmalat ont été placées sous administration extraordinaire et ont émis des obligations mais toutes ne font pas partie du plan de conversion de la dette. Le groupe agroalimentaire italien publie par ailleurs une liste indicative des principaux actionnaires après l’approbation du plan de conversion des dettes en actions de la « nouvelle Parmalat ». La banque italienne Capitalia détient 5,53 % du capital, le fonds Harbert, spécialisé dans les obligations à risque, 2,74 %, JP Morgan 2,30 % et Banca Intesa 2,11 %.
Une proie cinq fois plus grosse que le prédateur
Depuis son placement sous administration extraordinaire en décembre 2003, Parmalat s’est recentré sur ses spécialités que sont les produits laitiers et les jus de fruits, et s’est essentiellement concentrée sur l’Europe. Le groupe compte aujourd’hui moins de 20 000 personnes pour un chiffre d’affaires estimé à fin 2004 à 3,8 milliards d’euros. Granarolo est près de cinq fois plus petit que le groupe qu’il convoite, puisqu’il emploie environ 2 000 personnes et a affiché un chiffre d’affaires de 851 millions d’euros pour un bénéfice net de 5,7 M EUR en 2004.