L'industrie alimentaire retient son souffle : la remontée du dossier « obésité » à l'Elysée augure-t-elle le pire ou au contraire une ère plus sereine où elle cesserait d'être l'accusée d'office ? Nicolas Sarkozy vient de recevoir le rapport du groupe de travail présidé par Anne de Danne mais dont les propositions ne seront pas publiées avant que le Président ne s'empare de telle ou telle et ne s'autorise de fortes annonces, sans doute au début de l'année prochaine. L'un des risques, c'est que l'idée émise par Jean-René Buisson, seul représentant des industriels dans ce groupe, soit trop vite retenue par le gouvernement : il s'agirait de rien moins que d'une contribution volontaire des entreprises pour participer à la prévention de l'obésité, ce qui fait déjà grincer des dents et pas seulement dans les PME. Bien sûr le secteur est censé en tirer un avantage, mettre un terme définitif aux menaces de taxe, obligatoire cette fois, sur les produits jugés nutritionnellement incorrects.
Pour l'heure, tant que l'Elysée n'a pas fait le tri dans la panoplie évoquée dans le rapport de Danne, les choix budgétaires – voire les orientations plus politiques–- que les administrateurs de l'Ania ont à faire cette semaine ne sont pas faciles. La tentation de certains, déjà évoquée ici fin octobre, de rogner sur le budget de leur fédération de branche et de faire sortir l'Ania du Medef est un problème récurrent. Laurence Parisot tente d'écarter la menace en baissant de 6 % les cotisations qui sont appelées pour ses structures territoriales comme au plan des branches. Ayant déjà réduit son budget de 10 %, le président de l'Ania pourra-t-il éviter toute défection ? Comme ailleurs, tout l'art est de faire plus et mieux avec moins.
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