Nul ne pouvait savoir, en cette fin de mars, ce qu’allait donner la loi sur les OGM débattue début avril à l’Assemblée nationale. Mais ce qui est évident, c’est que les organisations écologistes auront bataillé comme personne pour imposer leurs convictions sur le texte définitif. Leur stratégie a été à la fois unitaire et multiforme, dialoguant avec les députés, distribuant des dossiers entiers, jusqu’à diffuser le fameux film à charge sur Monsanto qui leur a rendu un service inappréciable. Ils ont eu l’oreille attentive aussi, de Jean-Louis Borloo qui les a longuement reçus. Ces ONG n’ont, cette fois-ci, pas eu besoin du renfort de José Bové ou de faucheurs volontaires en grêve de la faim pour expliquer dans le détail leurs positions. C’était du lobbying classique mais massif.
Cette offensive était prévisible, tant les écologistes étaient mécontents de la version adoptée par le Sénat avant les élections municipales. Et pourtant, en face, les partisans des OGM, de même que le monde agricole le plus sensibilisé, a plutôt brillé par son silence. Certes, certains contacts avec des membres des pouvoirs publics ou des députés ont bel et bien eu lieu. Mais sans commune mesure avec le forcing des écologistes.
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Il fut un temps où les observateurs pouvaient parler des « puissants » syndicats agricoles, au sens où ils avaient une capacité à convaincre sans pareil. Aujourd’hui, on devrait plutôt parler des « puissants » lobbyistes de l’écologie.
La loi OGM correspondra peut-être plus, in fine, aux desiderata des partisans que des adversaires des biotechnologies. Si tel est le cas, cela n’aura pas été en raison d’un pouvoir d’influence supérieur, mais de convictions sans doute sincères des députés qui l’auront voté.