Avant d’être auditionné par les eurodéputés, Markos Kyprianou, le futur commissaire européen en charge de la Santé et de la Protection des consommateurs a confirmé l’orientation donnée à la réglementation alimentaire ces dernières années : l’Europe ne veut pas uniquement des « aliments sains » pour ses citoyens. Elle veut aussi une « alimentation saine ».
Cinq à dix pour cent des dépenses totales de santé sont liés à l’obésité », déplore le futur commissaire en charge de la Santé et de la Protection des consommateurs, Markos Kyprianou, dans ses réponses au questionnaire que lui ont adressé les députés du Parlement européen, avant son audition, le 8 octobre. Du coup, le « commissaire-désigné » chypriote promet que « s’attaquer à ce défi sera (…) une priorité personnelle de première importance ». Il met l’obésité sur le même plan que l’alcool et le tabac : « La consommation d’aliments et de boissons inadéquates ou en quantités inadéquates (…) ainsi que le tabagisme constituent de graves menaces», prévient-il dans un jargon institutionnel déjà acquis.
« Pas de solution unique »
Pour autant, si le constat et l’objectif de Markos Kyprianou divergent peu de ceux de son prédécesseur, le futur responsable paraît moins décidé sur la méthode à tenir pour combattre ce fléau. La perspective d’une « croisade contre les mauvais aliments », que certaines sources institutionnelles entrevoyaient dans la politique menée au plan européen ces derniers mois, semble moins d’actualité.
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« Il n’y a pas de solution unique, toute faite, à ce grave problème de santé publique », écrit-il, insistant fortement sur l’importance de l’éducation nutritionnelle et l’activité physique. « Educateurs, entreprises de transformation des denrées alimentaires, détaillants, médias et organismes de réglementation ont tous un rôle à jouer », ajoute-t-il.
« Mise en œuvre »
En tout état de cause, la nutrition sera l’un des dossiers avec lequel le commissaire chypriote pourra marquer sa direction générale de son empreinte. Car en matière de sécurité alimentaire il devra se contenter d’achever l’application du Livre blanc, tant son successeur a avancé sur ces questions. Il devrait mettre l’accent sur la « mise en œuvre » des politiques entamées, reconnaît-il. Cela passe, à ses yeux, par la mise en place « des mesures concrètes visant à assurer le contrôle » de l’application de la réglementation et l’harmonisation de la sécurité alimentaire des denrées importées notamment.