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Biocarburants L’objectif de 10 % contesté au Parlement européen

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Si les Etats membres de l’UE ne remettent pas en cause l’objectif d’incorporation de 10 % d’énergies renouvelables dans les carburants d’ici à 2020, les députés européens de la commission de l’industrie ont, de leur côté, décidé de le partager en deux sous-objectifs, comme le redoutaient les fabricants de biodiesel. Les biocarburants ne représenteraient que la moitié de la cible, le reste étant attribué à l’électricité renouvelable, aux biocarburants de seconde génération ou à l’hydrogène.

«C’est un pas dans la bonne direction », se sont félicités, le 11 septembre, les Amis de la terre, après la décision de la commission de l’industrie du Parlement européen, de défendre le projet d’une partition en deux de l’objectif de 10 % d’énergies renouvelables dans les carburants d’ici à 2020. Au moins 40 % de cet objectif de 10 % doivent être atteints par le biais de sources renouvelables de production d’électricité ou d’hydrogène, défendent ces députés européens, ou par des biocarburants de seconde génération, issus de déchets. Au total, la part des biocarburants traditionnels serait donc considérablement réduite. Etant donné l’influence de la commission de l’industrie, il y a fort à parier que cette position – à contre-courant de celle défendue par les fabricants de biodiesel – servira de base à la négociation qui va être entamée entre les députés européens et les Etats membres, le vote de l’Assemblée plénière étant programmé pour le mois d’octobre. A ce stade, les biocarburants traditionnels ont fait les frais, au Parlement européen, de la flambée des prix alimentaires et de la polémique sur les conséquences des cultures énergétiques pour la disponibilité en aliments.

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Pour leur part, les représentants permanents des Etats membres (Coreper) ont étudié, le 10 septembre, les derniers éléments du compromis sur les critères de durabilité des biocarburants soumis par la présidence française de l’UE. Paris a notamment précisé la définition des terres de grande valeur en termes de diversité biologique à sauvegarder. Elle a aussi renforcé les éléments d’information du public sur les rapports fournis par les opérateurs économiques et souligné l’importance d’accords de la Communauté avec les pays tiers sur ces critères. De plus, au plus tard en 2015, la Commission européenne devra présenter un rapport sur la possibilité d’introduire des critères contraignants concernant la protection de l’air, de l’eau et des sols. A ce stade, les députés européens sont favorables à la définition dès à présent de tels critères.