La proposition de la Commission européenne de porter à 40 % d'ici 2030 l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de l'UE semble recueillir le soutien des Etats membres. Une position qui doit être confirmée les 20 et 21 mars à l'occasion d'une réunion à Bruxelles des chefs d'Etat et de gouvernement.
LES ministres de l'environnement de l'UE réunis le 3 mars à Bruxelles et leurs homologues en charge de l'énergie le 4 mars ont globalement soutenu les propositions de la Commission européenne pour un nouveau paquet énergie-climat à l'horizon 2030 (1), estimant qu'il s'agissait là d'une bonne base de travail. La Commission européenne propose pour 2030 que l'UE réduise ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40% par rapport à leur niveau de 1990, mais également de porter à au moins 27% la part des énergies renouvelables dans la consommation de l'UE (sans fixation d'objectifs nationaux). Elle recommande aussi de réaliser 25% d'économies d'énergie. Le paquet énergie actuellement en vigueur qui court jusqu'en 2020 prévoit 20% de réduction d'émissions de GES, 20% d'énergies renouvelables et 20% d'efficacité énergétique (ce dernier objectif n'étant pas contraignant). Pour 2030, l'idée de la Commission, qui semble partagée par les Etats membres, est de faire de la réduction des émissions de GES la pièce maitresse du nouveau cadre et de laisser des marges de manœuvre aux États membres pour y parvenir. Plusieurs délégations ont d'ailleurs salué cette approche visant à donner aux Etats membres plus de latitude pour décider des mesures présentant le meilleur rapport coût-efficacité.
Partage des effortsLa Commission européenne souhaiterait que le Conseil et Parlement européen se mettent d'accord d'ici la fin de l'année 2014 sur cet objectif de 40 % afin d'arriver à la conférence internationale sur le changement climatique de Paris, fin 2015, avec des mesures concrètes. Mais la Pologne, dont la production d'énergie repose en grande partie sur le charbon, juge que mieux vaudrait attendre de connaître les contributions des autres grands pollueurs de la planète (Etats-Unis, Chine et Russie) avant de s'engager. Cette question sera soumise aux chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE lors du Conseil européen des 20 et 21 mars.
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D'autres pays ont des craintes sur les coûts des propositions de la Commission, et sur la manière dont l'effort sera partagé. Le commissaire européen à l'énergie, Günther Oettinger, a indiqué qu'à l'issue de la réunion des dirigeants européens du mois de mars, les États membres seraient invités à préciser leur contribution individuelle à l'objectif global de 27% d'énergie renouvelable. Et, si il y avait des lacunes, Bruxelles examinerait un système de partage de la charge sur la base des spécificités des États membres.
(1) Voir n° 3432 du 27/01/2014