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Assises de la bio L’objectif national pour le bio passe à 8% des surfaces

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Venu clore les Assises nationales de la bio, Stéphane Le Foll a voulu rassurer les professionnels sur les outils économiques qui seront défendus. Le ministre s’en tient en revanche à l’objectif de doublement des surfaces d’ici à 2018. L’objectif du Grenelle de l’environnement (20% en 2020) est donc réduit à environ 8% pour 2018.

«Il faut que l’on continue à développer l’agriculture bio, c’est l’objectif du plan bio », a confirmé Stéphane Le Foll, venu clore les Assises nationales de la bio qui se sont tenues le 10 octobre à Paris. « Il faut qu’on ait une ambition plus globale pour la bio », a-t-il dit. Il avait toutefois posé d’emblée que cette filière n’est que l’une des composantes du « produire autrement », auquel travaille le ministère. Sans annoncer ce que sera le futur plan bio pour 2013-2017, qui doit encore être discuté en tables rondes régionales, le ministre de l’Agriculture en a précisé certains points, en réponse notamment aux questions des professionnels réunis. Il s’est ainsi engagé à maintenir les aides à la conversion. Il a assuré que des négociations sont en cours pour que le crédit d’impôt à la production biologique soit confirmé dans la loi de finances. Enfin, il a dit vouloir travailler avec le ministère de l’Ecologie sur la possibilité d’orienter une partie des actions des agences de l’eau sur la bio, par exemple sur les zones de captage d’eau. « On doit avoir pour objectif de maintenir le fonds Avenir bio », a-t-il signalé, citant aussi la Banque publique d’investissement comme possible source future de soutiens pour la filière. D’une façon générale, Stéphane Le Foll a dit s’en tenir à l’objectif chiffré, déjà annoncé, d’un doublement des surfaces au cours du quinquennat. La référence étant la surface en bio à la fin 2012, cela revient à viser environ 8% de la surface agricole française en 2018. L’objectif du Grenelle de l’environnement d’atteindre 20% en 2020 est donc bien enterré, car jugé « trop ambitieux » au regard des 3,5% que comptait la France, fin 2011.
 
Production, transformation et commercialisation
Selon les grandes lignes envisagées par le ministère, le futur plan bio devra porter sur la production, mais aussi sur la transformation et la commercialisation. Sur ce dernier point, le ministre s’est dit favorable à ce que l’agriculture bio ait accès aux marchés publics liés à la restauration collective notamment des Crous, pour la restauration universitaire, et des hôpitaux. D’une façon plus générale, le ministre a affirmé que, pour relocaliser la production, les agricultures biologique et périurbaine « sont un vrai débat ». Enfin, dans le cadre des négociations de la Pac, Stéphane Le Foll s’est prononcé pour une reconnaissance des exploitations bio comme « vertes par définition ».
La Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) et le Syndicat de transformateurs (Synabio) « saluent ces nouvelles ambitions et attendent – avec vigilance – les décisions en faveur de la bio qui seront prises d’ici la fin de l’année sur les grandes politiques de soutien et de recherche pour l’agriculture et l’agro-alimentaire ». Ils insistent sur le soutien à la recherche et à l’innovation, qui doit passer, selon eux, par une reconnaissance de l’Institut technique de l’agriculture bio et par une présence accrue de la bio dans le programme pluriannuel de l’Inra, pour 2013-2016.

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