Le 5 mars, l’Observatoire des résidus de pesticides s’est vu confier une nouvelle série de missions, prenant la suite du plan d’actions 2006/2008. Il devra tout particulièrement soutenir la mise en musique du plan Ecophyto 2018. Parmi les points importants sur lesquels il devra réfléchir : l’élaboration d’indicateurs efficaces de suivi des teneurs en pesticides dans l’environnement.
Pour 2009/2011, les missions de l’Observatoire des résidus de pesticides (ORP) créé en 2004 vont s’enrichir. C’est un « lourd travail » qui attend l’organisation, a précisé Gilles Pelurson, directeur adjoint du cabinet de Michel Barnier, ministre de l’Agriculture, le 10 mars. Il intervenait en ouverture du colloque organisé par l’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement) à Paris sur le thème « mieux connaître les usages de pesticides pour comprendre les expositions ».
Un portail internet recensant les propriétés des molécules
Adopté le 5 mars dernier par le comité de pilotage, l’observatoire devra travailler autour de trois axes : collecte et diffusion des données concernant la présence des résidus de pesticides dans les milieux et les aliments, estimation des expositions de l’environnement et des populations aux pesticides, identification de méthodologies régionales pour caractériser les usages, évolutions de pratiques et expositions. Ces priorités se déclineront en 27 actions, allant du développement d’une méthodologie pour évaluer l’exposition combinée aux résidus de pesticides, en passant par l’ouverture d’un portail internet donnant accès aux propriétés des molécules contenues dans les différents produits phytos.
En lien direct avec Ecophyto 2018
Le plan d’action assigné à l’observatoire va par ailleurs interagir directement avec le plan Ecophyto 2018, qui prépare la réduction de 50 % des utilisations de pesticides d’ici 10 ans si possible. Les dix premières actions visent notamment « la mutualisation des données disponibles sur les pesticides et leurs résidus » en vue de calculer des indicateurs. L’établissement de ces indicateurs de suivi reste une mission délicate à tous les niveaux. Pour le moment, la France en a retenu deux : le Nodu (nombre de doses unitaires) quantitatif et l’indice de fréquence de traitement (IFT). Il s’agit « d’un indicateur de pression d’utilisation, pas d’impact », a souligné Laurence Guichard, chercheuse de l’Inra et membre du groupe Ecophyto R&D qui devrait livrer les conclusions de ces travaux au printemps.
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La question du « risque inconnu »
Pour Vincent Van Bol, coordonnateur du programme fédéral belge de réduction des pesticides et des biocides (PRPB), ce n’est pas suffisant. Le spécialiste estime qu’ « il ne faut pas se priver d’indicateurs permettant d’éclairer la situation ». Car celle-ci est plus que complexe. « Le problème principal, c’est le risque inconnu », a-t-il expliqué. Mais dans le même temps, il faut également rester pédagogue, l’objectif étant de présenter des indicateurs clairs et lisibles, compris par ceux qui devront travailler avec.
Des indicateurs qui devront être pédagogiques
C’est l’un des problèmes auxquels s’est heurté Laurent Casset, ingénieur à la DRdass (direction régionale des affaires sanitaires) de Champagne-Ardennes, lorsqu’il s’est attaqué à la réduction des concentrations de pesticides dans les eaux destinées à la consommation humaine. Expliquer à des élus que l’eau sera interdite à la consommation lorsque les concentrations en pesticides restent faibles alors même qu’elle est autorisée dans certains cas lorsqu’elles apparaissent fortes pour certains produits, voilà qui est compliqué. « Pour simplifier, nous avons appliqué la norme OMS (Organisation mondiale de la santé) pour le glyphosate à tous les pesticides », a-t-il raconté. Sur le sujet des indicateurs, l’ORP aura d’autres défis à relever. Exemple : définir le type de données à partir desquelles ceux-ci devront être calculés. Pas de formule magique là non plus.