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Politiques agricoles L’OCDE félicite ses membres de la réduction des aides agricoles

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L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) octroie un satisfecit à ses membres dont le soutien public à l’agriculture est tombé à 19 % des recettes totales du secteur en 2011, soit le niveau plus faible jamais observé. Elle regrette en revanche le « peu d’efforts » consacrés à l’amélioration de la performance environnementale et à l’innovation.

En 2011, le soutien aux producteurs dans les pays membres de l’OCDE s’est élevé à 182 milliards d’euros, soit 19 % des recettes agricoles brutes totales, en légère baisse par rapport au niveau de 20% atteint en 2010, selon le rapport annuel de l’organisation internationale sur l’évolution des politiques agricoles. Publié le 19 septembre, celui-ci relève qu’il s’agit là du « niveau le plus faible observé depuis que l’OCDE a commencé ses estimations au milieu des années 1980, quand la part de l’ESP dans les recettes agricoles était presque le double (37 %) ».
Le soutien – ou ESP (estimation de soutien aux producteurs) – tel que le calcule l’OCDE (1), a atteint l’année dernière 181,533 milliards d’euros dans l’ensemble des pays de l’organisation, et notamment 74,203 milliards dans l’UE, soit 18 % des recettes agricoles brutes contre 20 % en 2010, 43,339 milliards au Japon (52 % contre 53 % en 2010), 21,991 milliards aux Etats-Unis (8 % comme en 2010), 96 millions en Nouvelle-Zélande (1 % comme en 2010).

Une baisse des soutiens due surtout à l’évolution des marchés

La baisse récente du soutien aux producteurs est due dans de nombreux pays « à l’évolution des marchés internationaux plutôt qu’à des changements explicites de politiques », affirme l’OCDE. Avec le niveau élevé de prix mondiaux, les politiques de soutien aux prix intérieurs ont nécessité des transferts plus faibles. Résultat : la part du soutien des prix du marché dans l’ESP a baissé à 40 % en 2011.
Sur le plus long terme, précise le rapport, le soutien total estimé en pourcentage du PIB baisse d’une moyenne de 3 % en 1986-88 à moins de 1 % en 2009-11.
Par ailleurs, sur le long terme également, la part du soutien potentiellement le plus générateur de distorsions, c’est-à-dire « les paiements au titre de la production et de l’utilisation d’intrants variables sans contrainte sur les intrants », est passée de 86 % en 1986-88 à 51 % en 2009-11.

« Un progrès certain »

Le rapport reconnaît donc qu’ « un progrès certain est en train d’opérer dans les pays de la zone OCDE vers un soutien agricole qui soit moins générateur de distorsions du marché et plus efficient dans le transfert de revenu vers les ménages agricoles ». Il plaide néanmoins pour des réformes « plus approfondies.
En effet, précise l’OCDE, « peu d’efforts sont directement consacrés à l’amélioration de la performance environnementale du secteur agricole et à la nécessité d’assurer une utilisation durable des terres, de l’eau et des ressources de la biodiversité ; à s’assurer que les agriculteurs ont les outils nécessaires pour gérer les risques inhérents à leur exploitation, tout en ayant accès à des systèmes clairs et prévisibles pour faire face aux catastrophes et leurs inévitables pertes ; à augmenter le soutien public et créer des incitations privées pour innover dans le système alimentaire et agricole, en passant par la recherche et le développement, le transfert de technologie et les services de formation et de conseil ».
« L’augmentation significative de la demande en perspective, et la pression accrue sur des ressources limitées, le tout augmenté des effets incertains du changement climatique et de la volatilité persistante des marchés (malgré une moyenne des prix plus élevée), semblent créer une opportunité claire d’aligner les politiques avec ces nouvelles priorités », conclut l’OCDE.

(1) L’OCDE définit l’ESP comme la « valeur monétaire annuelle des transferts bruts des consommateurs et des contribuables au titre du soutien aux producteurs agricoles, au départ de l’exploitation, découlant des mesures de soutien à l’agriculture, quels que soient leur nature, leurs objectifs ou leurs incidences sur la production ou le revenu agricoles »

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