Abonné

Énergie L’OCDE préconise d’adopter une stratégie misant sur la biomasse

- - 3 min

Sur fond d’instabilité des prix du pétrole, un rapport de l’OCDE, publié le 6 septembre, préconise d’adopter une nouvelle stratégie misant sur la biomasse. Son constat : les déchets végétaux et animaux pourraient, si les gouvernements changeaient de stratégies, offrir une option durable pour remplacer les combustibles fossiles et fournir énergie et matériaux.

Selon le rapport, il conviendrait de développer des stratégies à long terme tablant sur les ressources locales et d’encourager la constructions de bioraffineries capables non seulement d’utiliser des céréales, des oléagineux et du sucre, mais également de recycler divers sous-produits de l’agriculture.

Au lieu de proposer des incitations financières ou des subventions pour promouvoir l’utilisation de la biomasse, les gouvernements « devraient encourager l’innovation technologique » afin de réduire l’écart de prix avec les produits pétroliers et gaziers. Cela permettrait de « stimuler la demande et l’offre de bioproduits ». Par ailleurs, la récente volatilité des prix du pétrole a « montré que les coûts de l’énergie des matériaux issus de la biomasse pourraient devenir plus compétitifs ».

Le rapport estime que les incitations financières en faveur des bioproduits utilisées actuellement dans de nombreux pays sont à éviter car elles faussent les marchés et entraînent une dépendance à long terme vis-à-vis des subventions. Le rapport dénonce également les subventions qui favorisent l’utilisation de combustibles fossiles.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

céréales
Suivi
Suivre

Pour des bioraffineries

Selon le rapport, il conviendrait de développer des stratégies à long terme tablant sur les ressources locales et d’encourager la constructions de bioraffineries capables non seulement d’utiliser des céréales, des oléagineux et du sucre, mais également de recycler divers sous-produits de l’agriculture. Ces complexes devraient pouvoir produire à la fois de l’énergie et des matériaux à partir, non seulement de plantes annuelles, mais aussi de graminées, d’arbres à végétation rapide, de paille de céréale et d’autres sous-produits.

Le rapport souligne en outre que les prix de certains bioproduits, tels que les plastiques obtenus à partir de plantes de grande culture, concurrencent déjà ceux de certains plastiques dérivés du pétrole. L’industrie automobile, par exemple, utilise de plus en plus de bioplastiques. Près de 7% de la production de chaleur et 1% de la production totale d’électricité des pays de l’OCDE sont à mettre au compte de la biomasse agricole. Selon les estimations, les pays en développement couvriraient 25% de leur demande totale d’énergie grâce à la biomasse (bois de chauffage et déjections animales principalement). Le bioéthanol, produit à partir de sucre et de céréales, ne demande qu’une légère modification des moteurs actuels pour pouvoir être utilisé et se révèle donc plus facilement exploitable dans le secteur des transports que d’autres carburants/combustibles, notamment que l’hydrogène.

Le rapport préconise enfin d’élaborer des normes et codes de bonnes pratiques internationaux applicables aux produits issus de la biomasse afin d’assurer que les émissions de gaz à effet de serre sont effectivement réduites et les avantages environnementaux, optimisés. Des campagnes de sensibilisation du public sur le thème de la biomasse devraient aussi être organisées, conclut-il.