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Ankara L’OCDE prône une accélération de la réforme agricole en Turquie

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Malgré de nets progrès, la politique agricole de la Turquie reste trop protectionniste, compte tenu de l’ampleur du soutien aux producteurs et de la protection contre les importations, selon un rapport de l’OCDE présenté le 29 avril à Ankara.

La Turquie pourrait améliorer sa compétitivité en redoublant d’efforts pour découpler le soutien à l’agriculture de la production tout en poursuivant ses réformes institutionnelles, estime l’OCDE, qui ajoute que de telles adaptations permettront au pays de mieux se préparer à une éventuelle intégration future dans l’Union européenne.
« Les récentes réformes ont apporté des améliorations considérables, mais la productivité et l’efficience du secteur agricole turc demeurent faibles, en raison de la petite taille et de la fragmentation des exploitations, du niveau de formation médiocre de la main-d’œuvre et de la mauvaise situation agro-écologique », a expliqué Wilfrid Legg, chef de la division politiques agricoles et de l’environnement de l’OCDE, qui présentait le rapport au ministre turc de l’agriculture et des affaires rurales, Mehmet Mehdi Eker. « La Turquie devrait abandonner son dispositif de soutien à l’agriculture fondé sur la production au profit de mesures améliorant la compétitivité des agriculteurs, relever les revenus agricoles et s’attaquer aux problèmes environnementaux », a-t-il ajouté.

Un soutien aux producteurs supérieur à la moyenne de l’OCDE

Le document de l’OCDE reconnaît l’importance du secteur agricole turc – premier employeur du pays avec 25 % de la population active et grand contributeur au PIB avec 8 % de l’activité économique – ainsi que sa position sur les marchés mondiaux. La Turquie est le 7e producteur agricole mondial et l’un des premiers producteurs et exportateurs de produits végétaux (noisettes, châtaignes, abricots, cerises, figues, olives, en passant par le tabac et le thé).
Les gains de production du pays ne sont pas allés de pair avec des améliorations de la productivité, souligne l’OCDE, qui note que près des deux tiers des exploitations représentent moins de cinq hectares et que la compétitivité est freinée par une forte dépendance à l’égard des mesures de soutien des prix accordées aux agriculteurs.
Les dernières statistiques montrent que les mesures turques de soutien aux agriculteurs ont augmenté ces dernières années. Représentant 34 % du revenu agricole total, l’estimation du soutien aux producteurs (ESP) du pays dépasse désormais la moyenne de l’OCDE qui est de 22 %.

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