L’effondrement des cours du poivre, provoqué en 1999 par l’abondance des nouveaux volumes exportés par le Vietnam, n’est plus qu’un souvenir. Aujourd’hui, face à une consommation en hausse régulière dans le monde, le recul de la production de l’Inde et du Vietnam crée une tension inconnue jusqu’alors.
Pour le cinquième mois consécutif, les cours des poivres ont progressé en novembre 2005. Selon l’indice composite de l’association professionnelle International Pepper Community (IPC), dont le siège est à Djakarta (Indonésie), le poivre noir a ainsi atteint 1 523 dollars la tonne, contre 1 416 (+ 7,5%) au mois de juillet, et le poivre blanc, 2 252 dollars contre 2 206 (+ 2%). Cette amélioration des cours de l’épice la plus commercialisée dans le monde a toutes les chances de se poursuivre, indique le quotidien Le Monde, car les stocks mondiaux semblent devoir continuer à baisser en 2006 sous l’effet d’un très net recul de l’offre.
L’effondrement des cours à partir de 1999, en raison de la saturation du marché par les Vietnamiens, et les caprices de la météo ont poussé les cultivateurs indiens, indonésiens et malais à moins bien entretenir leurs plantations ; par exemple, sur l’île de Bornéo (Malaisie), les coûts de production sont devenus supérieurs aux prix de vente mondiaux. La démotivation qui a suivi a fini par provoquer une réduction des tonnages récoltés par les Etats poivriers : 323 000 tonnes en 2004, 294 000 en 2005 et 265 000 annoncées en 2006.
Les stocks restent importants
Au cours de l’assemblée annuelle de l’IPC, les deux premiers producteurs mondiaux ont annoncé un recul de leurs productions : le Vietnam reviendra de 100 000 tonnes produites en 2004 à 87 000 en 2006 ; la production de l’Inde, pays d’origine de cette pipéracée, reculera de 62 000 tonnes en 2004 à 45 000 en 2006.
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Le Vietnam inondait le marché et s’était approprié 45 % des exportations mondiales. Sa marche ininterrompue en avant semble stoppée : il a exporté 99 000 tonnes en 2004, mais seulement 91 000 en 2005 et les prévisions tablent sur un nouveau recul à 80 000 tonnes pour 2006.
La demande mondiale, elle, continue de croître, mais au rythme annuel de 3,4 %, qui ne permettra pas de résorber en 2006 les stocks de 64 000 tonnes (101 000 tonnes en 2004). Le premier consommateur demeure les Etats-Unis (23 % de la consommation mondiale), qui ont augmenté leurs achats de poivres de 5,4 % par an au cours de la dernière décade.