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Recherche L’oïdium du blé, champignon pathogène à la grande capacité d’adaptation

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Des chercheurs de l’Inra Versailles-Grignon membres d’un consortium européen de recherche, ont mis en évidence la grande capacité d’adaptation de l’oïdium, champignon pathogène qui sévit notamment sur le blé, a indiqué l’Inra le 19 juillet. Cette capacité d’adaptation a suivi la domestication des céréales. La connaissance approfondie de l’oïdium devrait contribuer aux nouvelles méthodes de lutte contre ce pathogène.

Une équipe internationale de scientifiques dans laquelle sont présents des chercheurs de l’Inra de Versailles-Grignon a découvert à quel point le patrimoine génétique de l’oïdium du blé lui a fourni toute la diversité nécessaire pour s’adapter, au cours de l’évolution, à son environnement géographique et à de nouvelles plantes hôtes. Ces résultats publiés le 14 juillet dans la revue Nature Genetics, révèlent ainsi l’aptitude originale de ce champignon à s’adapter à son hôte.
 
Une propension particulière à l’évolution des génomes
L’apparition de l’agriculture, il y a environ 10 000 ans, et la domestication des céréales ont entraîné des changements drastiques dans l’environnement biotique de cet agent pathogène en permettant la culture sur de grandes surfaces de plantes potentiellement hôtes.
Les chercheurs ont remarqué que le génome de l’oïdium du blé, Blumeria graminis forme spéciale tritici, le plus grand génome fongique connu à ce jour (180 millions de bases) est constitué à 90 % d’éléments transposables, c’est-à-dire de séquences d’ADN capables de se déplacer et de se multiplier dans les génomes. « Ces expansions massives d’éléments répétés sont connues pour participer à la dynamique et à l’évolution des génomes en favorisant les réarrangements chromosomiques, les duplications, les mouvements et les pertes de gènes et ainsi jouer un rôle important dans l’adaptation d’une espèce à son environnement », précise l’Inra dans un communiqué.
Ces travaux ont aussi montré qu’à aucun moment la domestication du blé n’avait constitué une étape bloquante pour l’évolution de l’oïdium, ni un goulot d’étranglement de sa diversité génétique, indiquant au contraire que celui-ci s’est facilement adapté à un éventail d’espèces hôtes sauvages et domestiques. L’équipe internationale a exploré l’impact de ces modifications sur les génomes de l’oïdium dans la perspective de mieux connaître ces organismes et de lutter contre leurs ravages. « Cette connaissance approfondie des oïdiums contribuera au développement de nouvelles méthodes de lutte basées sur la biologie particulière de ces organismes », conclut l’Inra.

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