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L’oléiculture française poursuit son déclin

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À 1999 tonnes, la production 2014-2015 nationale d’huile d’olive a enregistré sa « plus petite production depuis une décennie » selon l’Afidol, Association française Interprofessionnelle de l’olive. La production d’olives de table ne se porte guère mieux : elle s’élevait à 775 tonnes pour la même campagne, soit -38 % en Languedoc-Roussillon, et une baisse allant de -80 % à -400 % dans les autres régions. Le constat d’Olivier Nasles, président de l’Afidol, était amer à l’occasion de l’assemblée générale de l’interprofession qui se tenait le 10 juin. « Un sentiment de lassitude me submerge » déclarait-il, parlant même de « sentiment d’impuissance, pour ne pas dire un profond sentiment d’échec ». Olivier Nasles, qui présidait sa dixième assemblée générale, déplore en effet le déclin de la filière, incapable de fournir ses clients, confrontée à « des problèmes de rentabilité et d’abandon des oliveraies » malgré la plantation d’oliviers, la création de nouveaux moulins ou la reconnaissance d’AOP. Critique mais « lucide », le président de l’Afidol décrit une filière « maigre en techniques de production », « famélique en techniques de transformation » et « squelettique en matière de communication », faute de moyens. Même « l’Inra et le CTIFL se sont détournés depuis longtemps de l’olivier pas assez pourvoyeur de fonds ». Prenant exemple sur les autres filières, il voit deux issues face à l’absence de financements publics suffisants : « Soit les professionnels sont capables de prendre en charge leur destin, soit ils sont condamnés ». Il affirme de fait que les professionnels devront financer eux-mêmes la recherche – notamment contre la mouche de l’olivier qui fait souffrir la production française « depuis 40 ans » – et la promotion. « Si la filière oléicole française du XXIe siècle veut survivre, elle devra consacrer à terme l’équivalent de 0,50 € par kilo d’huile à la recherche et aux actions collectives sans aucun financement public », estime-il. Difficile dans un contexte où le prix de revient moyen de l’olive est de 2 € le kilo, « quand elle s’achète 1,50 € ».

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