La crise laitière n’a pas empêché Mariann Fischer Boel de partir à New Delhi pour participer à une réunion internationale consacrée à la relance du cycle de Doha. Ce déplacement, au moment où une partie de l’agriculture européenne est en ébullition, a au moins pour avantage de rappeler une réalité : si Bruxelles se garde bien de réagir avec les moyens qui s’imposeraient face à des situations sectorielles très graves, comme celle du lait, c’est aussi parce qu’une de ses priorités est de respecter avant l’heure les disciplines prévues dans les négociations en cours à l’OMC sur la libéralisation des échanges. Et également, d’ailleurs, de respecter une très stricte orthodoxie budgétaire, avec l’assentiment de la presque totalité des Etats membres de l’UE. Une étude commanditée par le Parlement européen affirme certes que la Pac devrait être en mesure d’absorber un éventuel accord multilatéral à Genève, dont les termes peuvent d’ores et déjà être anticipés pour l’essentiel. Mais elle avertit aussi que cette politique commune n’aura plus qu’une marge de manoeuvre très faible pour s’adapter, que ce soit pour aborder l’après 2013 ou pour faire face à des crises de marché conjoncturelles. La commissaire à l’agriculture n’est néanmoins pas la seule à s’en tenir à cette ligne libérale qui se traduit entre autres par un « détricotage » de la Pac. C’est le cas du président de l’exécutif européen, José Manuel Barroso, qui revendique un second mandat. C’est aussi le cas, de façon plus ou moins affichée, de bon nombre de gouvernements dans l’UE.
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