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L’OMC confrontée à une accumulation des obstacles aux échanges

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Alors que le directeur général de l’OMC tente de convaincre les pays membres d’accélérer les négociations multilatérales, ceux-ci accumulent les restrictions aux échanges.

« Si nous voulons avoir des résultats dans le futur proche, nous aurons besoin d’accélérer sensiblement nos travaux à l’automne. Dans toutes les discussions, nous devons maintenir et renforcer notre attention sur les questions de développement et les PMA (pays les moins avancés) », a insisté le directeur général de l’OMC, Roberto Azevêdo, lors d’une réunion de tous les membres de l’organisation qui s’est déroulée le 25 juillet à Genève, deux jours avant une session du Conseil général, principal organe de décision.

Mais, dans son dernier rapport régulier sur l’évolution du commerce, publié le même jour, il constate une augmentation importante du nombre de mesures qui restreignent les échanges. Sur la période de mi‑octobre 2015 à mi‑mai 2016, les membres de l’OMC ont appliqué 154 nouvelles dispositions de ce type – dont 145 sont le fait des pays du G20, selon un rapport daté de juin (1) –, soit une moyenne de 22 par mois. Une forte hausse par rapport à la période précédente (15 par mois), et la moyenne mensuelle la plus élevée depuis 2011.

À l’inverse, 132 mesures destinées à faciliter les échanges ont été prises sur la période, soit 19 par mois.

Une base de données pour l’information des pays en développement

La Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) a lancé le 19 juillet, à l’occasion de sa 14e conférence qui se tenait du 17 au 22 juillet à Nairobi, une base de données pour répertorier les mesures non tarifaires de 56 pays (dont ceux du G20) assurant 80 % des échanges mondiaux, afin d’aider les pays en développement à mieux surmonter ces obstacles qui leur coûtent cher.

Les mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) « couvrent plus de 60 % du commerce agricole », elles « augmentent de façon disproportionnée les coûts pour les PME des pays en développement, en particulier des PMA », a notamment relevé le secrétaire général adjoint de la Cnuced, Joakim Reiter.

« Nous n’attendons certainement pas que les pays du G20 abandonnent toutes leurs mesures non tarifaires, qui servent des objectifs importants tels que la santé et la sécurité, mais nous devons gérer ce problème au mieux. Une meilleure information permettrait de réduire les coûts des mesures non tarifaires. C’est une question de transparence et d'harmonisation de la réglementation », a-t-il expliqué.

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(1) Voir n° 3553 du 04/07/16

L’Afghanistan 164e pays membre

L’Afghanistan deviendra le 29 juillet le 164e membre de l’OMC, son parlement ayant ratifié le protocole d’accession. Le 14 juillet, c’est le Liberia qui avait adhéré à l’organisation.

Avec ces deux adhésions, neuf pays parmi les moins avancés sont maintenant membres de l’OMC.

Donald Trump veut « renégocier ou sortir » de l’OMC

Le candidat républicain à l’élection présidentielle américaine, Donald Trump, a évoqué, dans une interview diffusée sur la chaîne NBC le 24 juillet, un possible retrait des États-Unis de l’Organisation mondiale du commerce s’il est élu président. « Nous allons renégocier ou sortir » de l’OMC, a-t-il assuré, lors d’une discussion sur la question de l’emploi aux États-Unis face à la concurrence du Mexique dans le cadre de l’accord de libre-échange entre les deux pays. « Ces accords commerciaux sont un désastre. L’OMC est un désastre », a ajouté M. Trump, qui prône le paiement d’une taxe par les entreprises américaines qui délocalisent leurs emplois vers le Mexique pour vendre leurs produits sur le sol américain.

Le magnat de l’immobilier a également suggéré que l’Europe s’est construite pour « battre les États-Unis en ce qui concerne le commerce ».