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Cycle de Doha A l’OMC, les Etats-Unis appellent à la « responsabilité » les pays émergents

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Assurant que les Etats-Unis sont prêts à négocier pour conclure le cycle de Doha, le nouvel ambassadeur américain auprès de l’OMC, Michael Punke, a affirmé que le succès ou l’échec des pourparlers multilatéraux lancés en 2001 dépendait maintenant des grands pays émergents.

«Je suis à Genève, je suis prêt à négocier, avec le plein soutien de mon gouvernement pour conclure un accord sur le cycle de Doha ambitieux et équilibré », a déclaré le 10 mai Michael Punke lors d’une rencontre avec la presse à Genève. Toutefois, selon le nouvel ambassadeur américain auprès de l’OMC, le succès ou l’échec du cycle de Doha dépend d’une « question simple » : celle de savoir si « les grands pays émergents, comme la Chine, l’Inde, le Brésil, qui se développent rapidement, vont prendre leurs responsabilités ».
« Le monde a changé depuis le lancement des négociations de Doha en 2001 et (celles-ci) doivent refléter » le poids des économies émergentes, a-t-il insisté, souhaitant que les pourparlers se concentrent sur des secteurs clefs dans les marchés prioritaires afin d’améliorer le niveau d’ambition et d’équilibre du cycle de Doha.

Des négociations « déséquilibrées »
Parmi ces secteurs où des progrès sont nécessaires, M. Punke a cité les produits chimiques, les biens électroniques (accès au marché pour les produits industriels). Il a aussi souhaité que, dans le domaine agricole, les flexibilités demandées ne créent pas des entraves à l’accès au marché et que des progrès soient réalisés dans le domaine des services.
« Le cycle est pour l’instant déséquilibré », a affirmé l’ambassadeur américain, notant aussi que les deux tiers des droits de douane récoltés dans les pays émergents sont payés par d’autres pays en développement.
Sur le dossier des subventions au coton, il a précisé que des concessions américaines dépendront des modalités d’un accord général sur l’agriculture, et notamment « de l’accès au marché chinois ».

Abandonner les « échéances arbitraires »
M. Punke a par ailleurs rejeté les craintes de certains pays selon lesquels les élections de mi-mandat en novembre aux Etats-Unis pourraient constituer un obstacle à des progrès dans les négociations de Doha. « Il y a trop d’attention à Genève sur la politique intérieure américaine. C’est une excuse des autres pays pour ne pas s’engager dans la négociation », a-t-il déclaré.
Le nouvel ambassadeur a estimé qu’il fallait changer de méthode et abandonner « les échéances arbitraires » ou « les grands événements big-bang qui ont échoué par le passé » pour « travailler dur dans des formats multiples » à géométrie variable, et de manière plus pragmatique.
Les négociations bilatérales, mais aussi au sein du groupe des Cinq (Etats-Unis, UE, Chine, Brésil, Inde) sont cruciales pour parvenir à un accord, a-t-il ajouté.

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