Abonné

L’OMS divise par quatre son seuil de référence sur le NO2

- - 3 min

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié le 22 septembre des seuils de recommandation révisés en matière de qualité de l’air. Pour les polluants d’origine agricole, la principale modification concerne le NO2, dont le seuil a été divisé par quatre. Appliqué en France, il conduirait les trois-quarts de la population française à se trouver en zone de dépassement.

« Après un examen systématique des données accumulées, plusieurs des seuils de référence actualisés sont plus bas qu’il y a quinze ans », annonce l’OMS dans un communiqué du 22 septembre. Les seuils déterminés en 2005, détaille l’agence onusienne, ont été révisés en 2021 grâce à six revues systématiques de près de 500 articles scientifiques se penchant sur les liens entre qualité de l’air et santé, un travail supervisé par son centre européen.

Pour les polluants d’origine agricole, le plus grand changement concerne la concentration recommandée en dioxyde d’azote (NO2), dont les engrais et les déjections animales peuvent être des précurseurs. Alors que la France avait adopté réglementairement le seuil précédent défini par l’OMS à 40 microgrammes/m³ de NO2 en moyenne annuelle, les experts internationaux ont divisé ce seuil par quatre à 10 μ/m³. Le seuil pour les PM10, un autre type de polluant émis par l’agriculture, a également été abaissé, de 20 à 15 μ/m³ en valeur annuelle, alors que la France retient pour l’heure un seuil réglementaire de 30 μm³.

L'Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) a déjà envisagé les conséquences de ces nouveaux seuils par rapport aux concentrations relevées en 2019 dans l’air français. Selon l’institut, « plus des trois-quarts de la population française se retrouverait exposée à des dépassements du nouveau seuil pour la moyenne annuelle de dioxyde d’azote ». Or, d’après les inventaires réalisés par le Centre d’études de la pollution atmosphérique (Citepa), le secteur agricole serait responsable pour l’année 2020 de 17 % des émissions nationales de NOx (NO et NO2) et de 26,2 % des PM10.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Protéger la santé et le climat

L’OMS insiste : « La pollution atmosphérique entraîne sept millions de décès prématurés » chaque année. Comme le rappelle l’agence, la pollution de l’air extérieur et les particules en suspension ont d’ailleurs été classées comme oncogènes par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), également rattaché à l’OMS : « En s’efforçant d’atteindre les seuils recommandés, les pays protégeront la santé tout en atténuant les changements climatiques mondiaux. »

Les nouvelles lignes directrices ne sont pas « juridiquement contraignantes », mais doivent selon l’OMS aider les décideurs à définir des normes et des objectifs. Un appel entendu par le député Jean-Luc Fugit (LREM, Rhône), également président du Conseil national de l’air, qui souhaite « que l’UE s’appuie sur les recommandations de l’OMS ». Une première réunion, indique-t-il, est déjà prévue dans les prochains jours.

« Plus des trois-quarts de la population française se retrouverait exposée à des dépassements »