Lors de la 57e Assemblée mondiale de la santé, les 192 Etats membres de l’OMS ont affiché leur volonté de combattre l’explosion des maladies liées à une mauvaise alimentation comme l’obésité et le diabète. Le 22 mai, ils ont adopté une résolution qui les « invite instamment » à favoriser, par tous les moyens, le respect de régimes plus diététiques — une politique fiscale contre certains produits si nécessaire.
La stratégie commune de l’OMS et de l’OAA Organisation pour l’alimentation et l’agriculture est un appel aux armes », s’est enthousiasmé le commissaire européen à la Santé, David Byrne, après l’adoption par les Etats membres de l’OMS, le 22 mai, d’une recommandation pour améliorer la lutte contre les maladies liées à une mauvaise alimentation et au manque d’activité physique Voir Agra Industrie n°65 du 20 mai 2004. Déjà sur le pied de guerre, l’Union européenne n’entend pas laisser lettre morte les prescriptions de l’institution internationale. Elle a d’ailleurs largement entamé sa réflexion en présentant par exemple son projet de législation sur les allégations nutritionnelles et de santé. Il devrait aboutir l’année prochaine.
2 à 8 % des dépenses de santé
Il faut « réduire le coût humain et socio-économique des maladies non transmissibles », a martelé Lee Jong-Wook, le directeur général de l’OMS à propos de la stratégie mondiale pour l’alimentation. En ligne de mire, notamment, les 2 à 8 % des dépenses de santé dans le monde, imputables à l’embonpoint. La tendance à la prise de kilos superflus par les Européens n’est pas à la baisse, comme partout dans le monde, y compris dans les pays en développement. Ce phénomène est concomitant au développement de certains cancers, des maladies cardiovasculaires, du diabète, etc.
L’OMS dresse une véritable ordonnance, élaborée en deux ans, pour que les Etats inversent la tendance. Toutes les politiques liées de près ou de loin à l’alimentation devraient se pointer vers un objectif : favoriser un régime équilibré. C’est vrai pour les politiques de promotion de produits agricoles. Elles ont une « très grande influence sur l’alimentation », relève la recommandation de l’OMS. C’est vrai aussi pour l’étiquetage, la publicité, l’éducation en milieu scolaire et l’ensemble de la réglementation alimentaire qui aiguillent « les choix des consommateurs ».
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Têtes de gondoles
Concrètement, l’OMS veut dorénavant voir en tête des gondoles les fruits et légumes – frais ou transformés elle ne donne plus sa préférence pour les premiers contrairement aux versions précédentes de son texte. Les rayons doivent, eux, perdre du poids : moins de graisses saturées et d’acides gras-trans, de sel ou de sucre doivent être ajoutés aux produits alimentaires.
L’Organisation mondiale de la santé entend mettre à contribution les industriels de l’alimentaire qui d’ores et déjà ont promis un « soutien total » pour cette stratégie globale, dans un communiqué de presse conjoint de la Ciaa, représentant l’industrie agroalimentaire européenne, et le GMA, son équivalent américain.
Exercice physique
L’OMS fixe neuf missions au secteur privé : promouvoir une alimentation saine et l’exercice physique ; limiter la teneur en graisses, en sucre et en sel des produits existants ; continuer à développer et à proposer des produits nutritifs, sains et d’un coût abordable ; mettre sur le marché de nouveaux produits d’une plus grande valeur nutritionnelle ; donner des informations pertinentes sur les aliments ; avoir des pratiques de commercialisation responsables, surtout auprès des enfants ; clarifier les étiquettes des produits ; fournir des informations aux autorités nationales sur la composition des aliments ; aider à l’élaboration et à la mise en œuvre de programme d’exercice physique.