Après l'Allemagne et les Pays-Bas, Foodwatch, qui se présente comme une organisation allemande de défense de consommateurs, vient d'ouvrir un bureau en France. Fondée en 2002 après le scandale de la vache folle par Thilo Bode, ancien directeur de Greenpeace International, Foodwatch compte plus de 28 000 membres. Leurs dons représentent un budget annuel d'environ 2 millions d'euros.
Pour sa première prestation devant la presse parisienne, l'ONG allemande a voulu frapper fort, en présentant cinq produits de grandes marques qui sont, selon elle « représentatifs des pratiques critiquables de l'industrie agroalimentaire », dont les informations présentées sur les emballages seraient de nature à tromper les consommateurs. Parmi les produits incriminés, le blanc de dinde, cuit à l'étouffé 100 % filet, marque Tradilège (E.Leclerc), « qui contient 16 % d'eau incluant du gélifiant à base d'algues et colorants et d'autres additifs », note Foodwatch. Viennent ensuite les tortellinis jambon cru au parmesan, marque Lustucru (Panzani) avec seulement « 2,8 % de parmesan », la soupe bœuf carottes aux vermicelles saveur à l'ancienne Maggi (Nestlé) un produit qui contient « juste 1,1 % de jus de cuisson de bœuf », la vinaigrette huile d'olive vierge extra, vinaigre balsamique, tomates séchées Puget (Lesieur) où les ingrédients précités ne représentent qu'« un tiers de la vinaigrette », et enfin les yaourts bio arôme naturel fruits rouges Vrai (Triballat Noyal) « aux arômes pas bio ». L'ONG dénonce « des ruses de l'industrie alimentaire parfaitement légales. Les fabricants en profitent, confortés par des réglementations laxistes et le laisser-faire de la plupart des pouvoirs publics ».
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Foodwatch va même plus loin, en lançant une pétition contre Michel-Edouard Leclerc, patron de l'enseigne éponyme, pour dire « Non à la dinde à l'eau ». Piqué au vif, ce dernier n'a pas tardé à réagir via son blog. Parlant d'un formidable « coup de comm'», le patron de Leclerc a souligné la « belle leçon de marketing de la part de ceux qui veulent en dénoncer les pseudo-dérives ! » et avoué ne pas comprendre « le lien entre le taux de saumure et la critique du 100 % filet ». Et Michel-Edouard Leclerc d'indiquer : « On peut discuter de la pertinence d'une offre, on peut choisir un produit avec des taux de saumure différents, mais si le législateur a encadré et prévu qu'on mentionne ces taux (ce que la marque ciblée a fait), c'est bien pour qu'il y en ait pour tous les goûts », avant de conclure avec humour que « si l'on veut du jambon sans eau, ça s'appelle du jambon sec…et il s'en vend aussi chez E.Leclerc ! ». Même son de cloche chez Nestlé, où un porte-parole a fait valoir que son produit respecte « le code élaboré par le Syndicat national des soupes et potages dont la mission est de défendre ses adhérents ».