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Blé L’ONIGC compte sur une redynamisation des exportations

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La France est en retard en matière d’exportations de blé. L’ONIGC prévoit une fenêtre de tir d’un mois et demi à partir de la fin janvier, due à la disparition momentanée du blé russe du marché. L’Office estime que les exportateurs doivent en profiter. Cela permettrait en tout cas d’équilibrer le bilan de fin de campagne.

«Nous sommes toujours plutôt en retard par rapport aux exportations », a indiqué Rémi Haquin, président de l’ONIGC (Office national interprofessionnel des céréales), le 16 janvier, en conférence de presse à Montreuil, à l’issue du conseil spécialisé de l’office. Dans son bilan, l’organisation table sur 4,75 Mt de blé exportées sur les pays tiers pour la campagne 2007/2008. Un chiffre légèrement revu à la baisse par rapport aux 4,85 Mt prévues en décembre, mais qui semble malgré tout difficile à atteindre. Pour le moment, seules un peu plus de 2 Mt de blé ont trouvé preneur à l’étranger. « C’est un bilan volontariste », a justifié Patrice Germain, directeur adjoint de l’ONIGC, qui a précisé que ces chiffres n’ont de validité « que pour autant qu’il y ait une vraie volonté d’exporter ».

Une fenêtre de tir d’un mois et demi

D’après l’Office, une fenêtre de tir d’un mois et demi va s’ouvrir à partir du 29 janvier. Elle pourrait permettre de rattraper le retard. A partir de cette date, le gouvernement russe va mettre en place une taxe sur ses exportations de blé, égale à 40 % du prix, selon Ukragroconsult, et d’au minimum 105 euros la tonne. « Cela impliquera un quasi-arrêt des exportations, puisque après le paiement des taxes, la tonne de blé russe dépassera de 100 dollars le cours mondial », indique la société d’analyses ukrainienne dans son dernier bulletin. Cette taxe devrait perdurer jusqu’au 30 avril. Mais la fenêtre de tir pour le blé français sera plus courte, car le blé argentin devrait revenir sur le marché. Le pays, qui, à fin novembre, avait déjà engagé 7,2 Mt, a pour l’instant fermé ses registres à l’exportation. Mais il lui resterait près de 3 Mt à exporter dès leur réouverture, envisagée pour mars. C’est en tout cas ce que laissent penser les prévisions du CIC (Conseil international des céréales), qui prévoit 10 Mt de disponible exportables pour le pays durant la campagne en cours.

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Les fabricants d’aliments du bétail vont voir ailleurs

Les cours élevés des céréales européennes continuent en tout cas d’inciter les fabricants d’aliments du bétail à se tourner vers d’autres sources d’approvisionnement. « Les certificats d’importation de maïs délivrés dans l’Union européenne depuis le début de campagne atteignent le niveau historique de 8,2 Mt », indique l’ONIGC dans ses documents de synthèse. Plus de 1 million de tonnes ont été importées en décembre. La demande vient particulièrement de l’Espagne, qui a acheté au total 3,5 Mt, mais aussi de l’Allemagne (1 Mt), du Portugal (0,9 Mt) et des Pays-Bas (0, 8 Mt). Le sorgho rencontre aussi un succès certain : 500 000 tonnes de certificats ont été délivrés en décembre, ce qui porte à 2,8 Mt le volume importé depuis le début de campagne. 2,3 Mt proviendraient des Etats-Unis, qui cultivent du sorgho non OGM. La suppression totale des droits de douane sur les importations de blé a également fait son effet. Depuis juillet 2007, les tirages de certificats d’importation en blé montent à 3,7 Mt, contre moins de 3 Mt à la même époque en 2006/2007. « Au total, les importations de blé ont progressé de 20 % sur les six premiers mois de la campagne par rapport à la campagne précédente », rapporte l’ONIGC. Certains acteurs de la filière commencent à s’inquiéter : ils craignent de perdre durablement des parts de marché vers l’aval de la filière européenne.