Abonné

Grandes cultures L’OPG ne croit plus en la vocation exportatrice de la France

- - 4 min

Après l’assemblée générale de l’organisation des producteurs de grains (OPG), le 26 janvier à Dax, son président, Nicolas Jaquet est revenu sur les attentes de la section grandes cultures de la Coordination rurale (CR) pour l’agriculture en 2012. Entre l’amélioration de l’indépendance alimentaire de l’Europe, notamment en protéines végétales, et l’approche purement budgétaire du projet de la Pac 2014/2020, l’OPG a souhaité montrer que sa vision de l’agriculture se démarquait.

«L’Union européenne (UE) a un solde exportateur en céréales relativement faible d’environ 10Mt, ce qui comprend 20Mt exportées et 10 Mt importées », explique Nicolas Jaquet, président de l’Organisation des producteurs de grains (OPG). C’est suite à l’assemblée générale de la section grandes cultures de la Coordination rurale (CR), le 26 janvier à Dax, que son président a tenu à exprimer son opposition au modèle d’agriculture exportatrice défendu en France pour les céréales.

Des exportations céréalières françaises dépendantes d’importations

« Sans les importations des produits de substitution aux céréales (PSC), l’UE exporterait moins de céréales », souligne Nicolas Jaquet. Le constat est encore plus critique concernant les protéines végétales. Citant l’étude OPERA, réalisée en 2010 par l’université Humboldt de Berlin, le président de l’OPG a voulu prouver la dépendance de l’UE vis-à-vis de ses importations de produits agricoles, notamment en protéines végétales. « Ainsi, l’étude pointe que les pays tiers cultivent 37,86Mha, toutes cultures confondues, pour les importations européennes, et que l’Europe consacre 12,18Mha aux productions végétales destinées à l’exportation », explique Nicolas Jaquet. Selon lui, le solde des surfaces échangées est donc largement négatif pour l’UE, à -25,68Mha. La majorité concerne le soja, l’une des principales sources de protéines végétales importées par l’Europe. Ce sont ainsi 17,53Mha de soja qui sont cultivés par des pays tiers pour satisfaire les besoins européens. Face à ce constat, Nicolas Jaquet souligne les risques de cette dépendance de l’UE aux importations agricoles. En effet, selon lui, aujourd’hui, les prix du maïs au départ de l’Amérique latine sont plus chers qu’au départ de Bordeaux. Le maïs profitant de prix élevés, le moindre changement dans l’allocation des terres au détriment du soja pourrait en faire exploser les prix en raison d’une forte demande chinoise.

Une transition vers plus d’autonomie que la Pac n’aborde pas

« Si l’on cultive 3Mha de protéines en plus dans l’UE, cela prendra la place du blé exporté et pourrait engendrer un offreur de moins sur le marché mondial, pouvant conduire à une flambée des céréales… Ce jour là, que dirons-nous à nos clients ? », se demande Nicolas Jaquet. Pour lui, « il faut anticiper le rééquilibrage des productions au niveau de la Pac, qui ne doit pas être abordé sous le seul angle budgétaire ». De plus, le président de l’OPG souhaiterait que la Pac 2014/2020 prépare la transition vers une hausse des production de protéines et une moindre exportation de céréales. « On rêve un peu », déclare Nicolas Jaquet au sujet des filières céréalières françaises tournées vers l’exportation. Selon lui, « ce système est préjudiciable pour les agriculteurs, car l’export met les productions françaises en concurrence avec des offres moins-disantes, notamment en provenance de la mer Noire ». Le président de l’OPG n’hésite pas à dire que « l’on pourrait mieux vendre sur l’intérieur ». Il rappelle d’ailleurs qu’il y a dix ans, les débouchés des céréales françaises étaient pour deux tiers sur tournés vers le marché commun européen, et qu’aujourd’hui ce n’est plus qu’un tiers.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Coordination rurale
Suivi
Suivre