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Filière laitière L’OPL appelle les producteurs à participer à la création de leur propre marque

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Lors du congrès annuel de l’OPL, qui s’est tenu en Bretagne le 22 mars, le président du syndicat, Daniel Condat, a apporté son soutien au projet d’une coopérative qui détiendrait sa propre marque. En négociant directement avec la distribution, cette coopérative assurerait, selon l’OPL, un prix minimum du lait payé au producteur et un débouché au volume collecté

«Je vous garantis que si l’on maitrise d’un côté la production, et d’un autre la commercialisation, on va “tanner” (l’industrie laitière) », a lancé Daniel Condat, président de l’Organisation des producteurs de lait (OPL, branche spécialisée de la Coordination rurale), devant une centaine d’agriculteurs présents au 6e congrès annuel de l’organisme syndical. Cette maîtrise de la commercialisation passera par la création d’une coopérative. Un projet soutenu par l’OPL, mais aussi par l’Apli (Association nationale des producteurs de lait indépendants) et l’European Milk Board (EMB). Cette coopérative disposera de sa propre marque de produits laitiers, et pourra donc négocier directement avec la grande distribution. Ce projet « va créer une brèche grâce à une marque qui appartiendra aux producteurs », prédit Daniel Condat. Concrètement, les produits de la marque « FaireFrance » (qui comportera d’abord du lait demi-écrémé, puis du lait chocolaté, de la glace, etc.), seront vendus aux GMS par le biais de Faircoop SCA, une société coopérative de commercialisation et de transformation. Ce système permettra de garantir « un prix du lait à la sortie des exploitations au-dessus des 400€ », a promis Richard Blanc, membre de l’EMB. Le projet a en effet déjà été lancé en Belgique, et selon Erwin Shöpges, président de Faircoop et membre du bureau de l’EMB, le système fonctionne. « En Belgique, chaque agriculteur adhérent à la coopérative a vendu 6 000 litres de “lait équitable” en 2011. En 2012, ils en vendront 10 000 litres », a-t-il assuré. Grâce au système coopératif, les agriculteurs bénéficieront par ailleurs d’un intéressement via une entrée au capital de la structure. Les projections financières anticipent en effet un bénéfice supérieur à 1 million d’euros sur une période de 3 ans.

De multiples opérations marketing
Mais l’adhésion impose également de nouveaux devoirs au producteur. Chaque membre devra faire la promotion de la marque durant un volume horaire proportionnel à sa participation financière dans la coopérative. Ces opérations marketing passeront par l’intervention du producteur dans les grands magasins, mais aussi par une promotion au niveau local. Ces actions seront alors organisées par un coordinateur régional nommé par la coopérative. Le projet prévoit également une campagne promotionnelle passant par les administrations françaises. « La promotion dans les écoles représente une piste à explorer, de même que la possibilité de distribuer aux fonctionnaires étatiques des chèques-repas uniquement utilisables pour notre gamme de produits », explique un document distribué lors du congrès. L’OPL espère également appuyer la promotion de cette marque via le Cniel. « Si on rentre dans (cet organisme), nous appuierons une demande de sponsoring par l’interprofession », a projeté Daniel Condat. Enfin, des campagnes de promotions seront programmées sur les médias papier, radio, et audiovisuel. Autant de pistes qui rendent confiant le président de l’OPL sur l’avenir d’un tel projet. Faircoop « a une capacité de frappe médiatique phénoménale. Probablement la plus grosse que l’on n’ait jamais vue dans un système coopératif », s’est-il exclamé, devant une assistance conquise par ce projet.

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