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A l’origine du blocage

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Au départ, la caisse sanitaire avait été conçue pour fonctionner suivant le mécanisme du 1 pour 1 : le producteur mettait un euro et l'Etat et l'Europe mettaient aussi un euro. L'ancien ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire a depuis changé les seuils qui sont aujourd'hui de 35% pour les producteurs et 65% pour la puissance publique. Mais malgré l'effort, le niveau reste aujourd'hui trop élevé pour la profession. En cause : la cotisation volontaire qui ne permet pas à la caisse de toucher un assez large public, selon le président de l'organisme de solidarité, Laurent Ducurtil. En 2011, cette cotisation s'élevait à 30 euros par ha quelle que soit la culture. « Mais les gens nous ont dit : “pour des cultures à risque, comme le prunier, l'abricotier, c'est bien. Par contre, pour du pommier, du noisetier ou du noyer - pour ces cultures qui sont peu sujets à risque -, c'est trop élevé”. Et donc ceux-là n'ont pas souhaité cotiser ». En 2011, environ 350 000 euros de cotisation ont ainsi été récoltés. La même année, le montant des préjudices s'est élevé à près de 5 millions d'euros. Malgré un fonds très en deçà des 35% requis pour prétendre au soutien des pouvoirs publics, les producteurs ont quand même obtenu de l'Etat les 65% des 5 millions d'euros, « en raison de nos efforts réalisés pour créer la caisse. L'Etat nous a dit “c'est la première année, on vous aide” », se souvient l'arboriculteur du Gard. Les sinistrés qui avaient cotisé ont ainsi pu être indemnisés à hauteur de 72% des barèmes établis. Début 2012, la profession a décidé de réviser le montant de sa cotisation et de la différencier en fonction de la nature des vergers. Soit, une contribution par agriculteur allant de 10 à 35 euros par hectare par an. Mais le résultat est encore insuffisant : seulement entre 10 et 12% des producteurs ont cotisé à la caisse, donnant lieu à une part professionnelle de 300 à 400 000 euros, « alors qu'il nous faudrait un budget d'environ 1,5 million d'euros pour fonctionner ».