La polémique est close : l'expérimentation des phéromones apaisantes sur les brebis dans les cœurs de parcs nationaux « ne sera pas mise en place ni financée dans le cadre du plan national loup et activités d'élevage », annonce le préfet référent national sur la politique du loup, Jean-Paul Celet, dans un courrier, publié par la Coordination rurale le 12 mars. Un abandon que la CR a accueilli avec « satisfaction ».
Cette proposition avait été présentée – « pour avis », rappelle le préfet – par le représentant des parcs nationaux lors d’un groupe national loup en novembre, puis lors d’une réunion sur les cœurs de parcs nationaux le 14 février. Le but ? Réduire le stress des animaux et les pertes indirectes qui en découlent (avortements, chute de production de lait, etc.). Un autre objectif visait à vérifier si ces phéromones favorisent le comportement grégaire des ovins, permettant de réduire indirectement l’impact de la prédation. La SAP (Sheep appeasing pheromone) est déjà utilisée dans plusieurs pays, notamment en Nouvelle-Zélande, afin de calmer les animaux et améliorer leurs performances zootechniques.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Mais en France, l’idée ne passe pas. Le 28 février, les représentants des éleveurs réunis au sein du Caf Loup (syndicalisme majoritaire et chambres d’agriculture) avaient envoyé un courrier au préfet pour s’opposer « fermement » à cette expérimentation. Une proposition « scandaleuse » et « tout simplement inadmissible », pour les signataires. « Vous souhaitez droguer nos brebis avant qu’elles ne se fassent attaquer par les prédateurs afin de, soi-disant, réduire les difficultés rencontrées par les éleveurs (notamment les pertes indirectes engendrées par le stress) », peut-on lire dans le courrier, que s’est procuré Agra Presse. Une position partagée par la Coordination rurale, qui se félicite d’un « consensus syndical » dans un précédent communiqué du 5 mars. D’après la CR, la FNO aurait soutenu dans un premier temps cette proposition, avant de « reprendre ses esprits en adoptant la position de la CR ». Une polémique de toute façon close avec la décision d’abandonner l’expérimentation.
Le but était de réduire le stress des animaux et les pertes indirectes