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Loutsa accompagne la fin du café en dosettes

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Nouvelle enseigne née à Lyon, Loutsa veut faire revivre les torréfacteurs de quartier en séduisant les amateurs de café qui se détournent des dosettes pour des raisons de goût, de prix et d’environnement. La jeune entreprise vient de lever 1,2 million d’euros, principalement auprès de Kreaxi.

L’ère post-dosette a déjà commencé et il faut l’accompagner. Voilà, en résumé, la conviction de Caroline et Guillaume Langloy, les fondateurs de Loutsa, une nouvelle enseigne de torréfaction, née à Lyon en 2018. « Notre idée est de faire revivre les torréfacteurs de quartier tels qu’ils existaient autrefois, qui torréfient chaque jour dans leur boutique pour les clients des alentours », explique Caroline Langloys. Car cette nouvelle offre correspond à de nouveaux comportements adoptés de plus en plus souvent par les consommateurs de café. « Les amateurs de café portionné, et notamment les utilisateurs de Nespresso, apprécient le geste et la qualité du café, mais ils ont de plus en plus honte chaque fois qu’ils vident le bac de capsules face à la quantité d’emballage gaspillé », explique Guillaume Langloy. À côté de la préoccupation environnementale, favorable aussi au café biologique, une autre raison de se détourner du café en dosette émerge : son prix au kilo très élevé et la déperdition en termes de goût et d’arômes, avec des cafés torréfiés et moulus des mois avant leur consommation.

Nespresso, et les autres systèmes de dosettes, ont sans doute amené les clients à mieux apprécier le café, à faire émerger l’offre de café de spécialité et aussi à dépenser plus pour du café. « Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à s’équiper de machines alternatives à celles à dosettes, notamment avec un moulin intégré, ou à redécouvrir par exemple le café filtre », poursuit Caroline Langloy. C’est ce marché que vise Loutsa, qui veut se démarquer de la concurrence des autres torréfacteurs locaux par son absence de site industriel intégré, sa torréfaction locale et en petite quantité, et une offre de café 100 % biologique. Le projet est mené par deux experts de la grande consommation : Caroline Langloy, qui a occupé plusieurs responsabilités en marketing, notamment chez Nestlé, et Guillaume Langloy, qui a passé quinze ans auprès du groupe suisse, notamment comme responsable de l’offre Nestlé Professionnel en Amérique du Nord.

Un réseau de 20 à 25 points de vente

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Deux points de vente ont déjà été ouverts à Lyon, et deux autres ouvriront en septembre : l’un toujours à Lyon et un à Paris. « Notre ambition est d’ouvrir, dans les trois à cinq ans à venir, vingt à vingt-cinq points de vente en France, tous gérés en propre », explique Guillaume Langloy. Le chiffre d’affaires visé est estimé par les fondateurs à 1 million d’euros à fin 2021, date à laquelle le réseau devrait compter dix points de vente.

Pour accompagner ce développement soutenu, qui nécessite des ressources importantes – un torréfacteur pour une boutique coûte environ 30 000 euros – une levée de fonds a été finalisée au printemps pour un montant de 1,2 million d’euros. « Le fonds Kreaxi et des family offices de la région lyonnaise ont apporté 1 million d’euros, complété par 200 000 euros de dette auprès de BNP Paribas », détaille Guillaume Langloy, qui garde le contrôle de la société avec son épouse.

Kreaxi détient actuellement 145 millions d’euros sous gestion et s’est spécialisée dans l’investissement au capital des « start-up innovantes et technologiques à fort potentiel ». La société basée à Lyon possède quatre fonds d’amorçage régionaux et deux fonds de capital-risque européens. Ses prises de participation vont de 100 000 euros à 2,5 millions d’euros.