Bonduelle et plusieurs partenaires ont lancé un programme de recherche pour maîtriser l’ozone comme biocide, une alternative au chlore.
Le projet, baptisé Ozone 2020, bénéficie d’un budget de recherche de 4,3 M€ sur 48 mois, financé par le FUI, Fonds unique interministériel. Bonduelle, Lasalle Beauvais, Actalia, ses partenaires, restent très discrets sur ce programme. Seul Suez, leader de la production d’ozone en France pour le traitement de l’eau dévoile quelques pistes. Ces travaux étudient le transfert du savoir-faire concernant l’ozone comme biocide sur l’eau de ville à l’industrie agroalimentaire. Ozone 2020 porte spécifiquement sur le traitement de la quatrième gamme et les produits secs « divisés » comme les épices. Ces conclusions devraient valider une alternative au chlore notamment dans le lavage des végétaux, ainsi qu’aux traitements thermiques dans les process alimentaires. À l’origine du projet, l’institut polytechnique Lasalle Beauvais débute des expérimentations dans un nouveau laboratoire. Le pôle de compétitivité Actalia travaillera également sur cette phase de recherches. Ensuite, Bonduelle développera un prototype industriel sur un de ses sites pour la mise en place de préséries et développera ses modules de formation du personnel à l’utilisation d’un gaz somme toute toxique.
Pour Suez, qui utilise depuis des décennies l’ozone dans le traitement de l’eau de ville comme des eaux usées, l’industrie agroalimentaire offre une diversification. « Ce gaz permet de traiter des volumes importants et répond à la croissance démographique, un défi pour la production alimentaire mondiale », explique Sylvie Baig, responsable scientifique et innovation et des projets collaboratifs chez Suez.
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À ce jour, Ozone 2020 ne porte que sur les végétaux et les produits secs « mais pourrait permettre d’autres développements importants pour faciliter le stockage et accroître la croissance des plantes, explique Sylvie Baig. Depuis plusieurs années, l’agroalimentaire aux Etats-Unis utilise de l’ozone. En Europe, certaines entreprises emploient ces techniques de manière plus atomisée mais vivent une incertitude juridique avec le déploiement de nouvelle directive européenne Biocide dans les réglementations des pays membres. Chaque dossier devra être réétudié par les autorités nationales ». Une clarification scientifique pourrait également faire avancer la réglementation communautaire.