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Apiculture L’UE cherche à parer à la chute du nombre de colonies d’abeilles

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Les premiers résultats d’une vaste recherche environnementale à l’échelle européenne confirment la régression du nombre des colonies d’abeilles, sauf dans le Sud. Le coût du traitement des maladies rend de moins en moins rentable l’activité apicole.

L’Europe centrale comme celle de l’ouest enregistrent depuis 1965 une forte réduction du nombre de colonies d’abeilles, alors que celui-ci a augmenté dans l’Europe du Sud entre 1965 et 2005, en particulier en Grèce, en Italie et au Portugal. Parallèlement, le nombre d’apiculteurs diminue depuis 1985 dans l’ensemble de l’Europe, selon les premiers résultats d’une étude présentée dans le Journal de la recherche apicole et réalisée dans le cadre du projet ALARM (Assessing large-scale environmental risks with tested methods), pour lequel le 6e programme cadre de recherche de l’UE a octroyé un financement de 12,5 millions d’euros.

Le coût des traitements de plus en plus prohibitif
Cette étude, dont le mérite est de couvrir la majeure partie de l’UE (à l’exception de l’Espagne, de la France et de quelques nouveaux Etats membres), fait apparaître aussi que les abeilles mellifères ne sont pas les seules à lutter pour leur survie, les abeilles sauvages et les syrphes subissant elles aussi des pressions. D’où une régression de la pollinisation.
« Le coût du traitement des maladies des abeilles a augmenté au point qu’il équivaut ou dépasse le revenu tiré d’une colonie sur une année entière, rendant de ce fait non rentable l’activité apicole sur une petite échelle », estime le directeur de cette recherche, Simon G. Potts, de l’université de Reading au Royaume-Uni. De plus, ajoute-t-il, « l’effort demandé pour traiter les maladies, en particulier le Varroa destructeur (acarien parasite des abeilles mellifères), a probablement réduit aussi l’attrait de l’apiculture en tant que hobby ».

Harmoniser les méthodes d’évaluation
Ce travail de recherche mérite toutefois d’être approfondi. « Avec les quelques données disponibles, il n’est possible ni d’identifier le principal facteur des pertes d’abeilles mellifères en Europe, ni de fournir une réponse complète en ce qui concerne les tendances pour les colonies et les apiculteurs », explique un co-auteur de l’étude, Josef Settele, du Centre Helmholtz pour la recherche environnementale, en Allemagne.
D’où, selon lui, « une demande pressante pour une normalisation des méthodes d’évaluation, s’agissant notamment du nombre de colonies », car « une telle harmonisation sera de toute évidence l’épine dorsale de toute recherche visant à comprendre et à atténuer les pertes de colonies d’abeilles mellifères ».
Dirigé par le docteur Settele, le projet ALARM regroupe plus de 200 chercheurs de 35 pays et 68 organisations partenaires.

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