Bruxelles et Wellington veulent se lancer rapidement, cette année, dans des négociations pour la conclusion d’un accord de libre-échange. Une perspective qui, dans les conditions actuelles de concurrence, inquiète sérieusement l’industrie laitière européenne.
L’UE et la Nouvelle-Zélande ont confirmé leur intention de lancer des négociations de libre-échange « dès que possible » cette année, a confirmé le nouveau premier ministre néo-zélandais, Bill English, à l’occasion d’entretiens, le 10 janvier à Bruxelles, avec les présidents de la Commission européenne et du Conseil européen, Jean-Claude Juncker et Donald Tusk.
De tels pourparlers pour la conclusion d’accords commerciaux doivent être ouverts en 2017 par l’Union avec la Nouvelle-Zélande et aussi l’Australie (1).
« Négocier un tel accord nécessite normalement entre cinq et dix ans. Mais je pense que deux à trois ans devraient suffire : nous avons des systèmes très similaires, nous sommes amis et alliés, l’UE est le deuxième partenaire commercial de la Nouvelle-Zélande et nos échanges dépassent 8 milliards €. Je suis confiant que cela sera fait dans un délai plus court », a estimé Jean-Claude Juncker à l’issue de sa rencontre avec Bill English. « En tant que Commission, nous sommes très impatients de conclure un accord commercial avec la Nouvelle-Zélande », a-t-il ajouté. « Le contexte est difficile à l’intérieur de l’Europe et sur la scène mondiale. Néanmoins, nous espérons être en mesure de faire les progrès nécessaires aussi rapidement que possible pour surmonter les difficultés restantes ».
Des « conséquences fatales » pour le secteur laitier européen
Les commissaires européens au commerce et à l’agriculture, Cecilia Malmström et Phil Hogan, ont déjà assuré aux organisations agricoles de l’UE que le caractère sensible de certains produits (lait, viande bovine et ovine notamment) sera « pris en compte » au cours des discussions préparatoires et négociations pour la conclusion d’accords de libre-échange avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande (2).
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De son côté, l’association de l’industrie laitière européenne (EDA) a tenu à rappeler que les exportations néo-zélandaises de produits laitiers ont « un avantage concurrentiel », compte tenu notamment de la « concentration » du secteur en Nouvelle-Zélande et des « conditions commerciales favorables » dont il bénéficie sur le marché chinois. Un secteur qui, de plus, « est loin d’avoir déjà exploité la totalité de son potentiel de production ».
« Tant que nous ne pouvons pas rivaliser avec la Nouvelle-Zélande de façon équitable sur les marchés internationaux, renforcer le secteur laitier néo-zélandais en lui octroyant un accès supplémentaire aux marchés de l’UE aurait des conséquences fatales pour le secteur laitier européen », avertit l’EDA.
(1) Voir n° 3534 du 22/02/16
(2) Voir n° 3563 du 03/10/16