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Négociations de l’OMC L’UE et les Etats-Unis rivalisent d’optimisme

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L’UE et les Etats-Unis ont fait assaut d’optimisme le 8 janvier à l’issue d’une visite à Washington d’une délégation de la Commission européenne qui, menée par son président, José Manuel Barroso, a été notamment reçue par George W. Bush. « », a affirmé Peter Mandelson, le commissaire au commerce, tandis que son homologue américaine, Susan Schwab, déclarait : « ». « », a commenté le lendemain Pascal Lamy, le directeur général de l’OMC, estimant que « ». Plus concrètement, l’UE demande toujours aux Etats-Unis de réduire « réellement », de quelque 8 milliards d’euros, leur plafond de subventions agricoles internes.

« Nous avons donné des instructions à tous les négociateurs pour parvenir à une solution le plus vite possible», a souligné José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, le 8 janvier à Washington, à l’issue d’un entretien avec George W. Bush consacré notamment au cycle de Doha.

Quatre jours auparavant, le chef de la Maison blanche avait déclaré, après avoir reçu la chancelière allemande Angela Merkel, présidente en exercice de l’UE : « Je crois que nous pouvons obtenir un compromis (à l’OMC) – cela va juste demander beaucoup de volonté et beaucoup de dur labeur pour y parvenir».

« Calendrier serré »

« Nous sommes venus à Washington aujourd’hui en quête d’une nouvelle impulsion pour le cycle de Doha, et nous pensons l’avoir trouvée », a affirmé à la presse Peter Mandelson qui accompagnait M. Barroso. Un accord est « faisable» et « peut être trouvé dans le calendrier serré qui nous est imparti », a-t-il estimé, faisant référence aux pouvoirs spéciaux de négociations commerciales octroyés au président américain par le Congrès, qui expirent fin juin.

Selon Bruxelles, il y a une chance de relancer les négociations de l’OMC, gelées depuis juillet 2006, après l’entrée en fonction du nouveau Congrès passé sous contrôle démocrate et avant la présentation, en mars, d’une nouvelle loi d’orientation agricole (Farm Bill).

« Je crois que nous serions réellement en danger si nous ne parvenions pas à faire la percée que nous recherchons au cours du première semestre de cette année», a souligné le commissaire européen au commerce devant la presse.

« Pas d’échéances artificielles »

« Il n’y a pas d’accord à annoncer concernant des domaines ou des chiffres précis, a également expliqué M. Mandelson, mais il y a certainement une meilleure compréhension et désormais une convergence ». « Nos contacts avec les leaders démocrates de la Chambre m’ont encouragé à penser qu’ils soutiendront un accord multilatéral ambitieux», a-t-il ajouté.

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« De toute évidence, les Etats-Unis et l’UE se sont engagés à rechercher une conclusion positive au cycle de Doha (...) Nous faisons clairement des progrès», a assuré pour sa part Susan Schwab au cours de la même conférence de presse.

La représentante américaine a toutefois fait preuve d’une certaine prudence. Même si « nous partageons tous un sentiment d’urgence, le contenu est proritaire sur la chronologie », a-t-elle dit. « Personne ne va arriver à un accord sur la base d’échéances artificielles si le contenu n’est pas là».

Les offres actuelles « insuffisantes »

« Ce qui est sur la table pour l’instant n’est pas suffisant pour nous porter vers le succès » des négociations de Doha, avait constaté Pascal Lamy le 4 janvier dans un discours prononcé à Oslo lors de la conférence annuelle de la Confédération des entreprises norvégiennes.

« Tous les partenaires ont besoin de faire une contribution plus importante, à commencer par l’agriculture », selon le directeur général de l’OMC. « Les Etats-Unis doivent accepter des réductions de leurs subventions au-delà de leur offre actuelle. L’UE et le G-10 (dont la Norvège ainsi que le Japon, la Suisse et d’autres) doivent convenir de réductions plus fortes des droits de douane agricoles au-delà de leur position actuelle. L’Inde et les pays du G-33 doivent aussi montrer de la flexibilité ».

Couper 8 milliards de subventions

L’UE demande aux Etats-Unis des réductions réelles de leurs subventions agricoles qui faussent les échanges à des niveaux proches de ceux réclamés par les pays émergents du G-20. Elle estime que cette coupe budgétaire doit être de quelque 8 milliards de dollars, pour faire passer les plafonds actuels de 23 milliards à environ 15 milliards de dollars. Considérant la position du G-20 comme un centre de gravité vers lequel tous les négociateurs devraient se diriger, l’UE fait valoir qu’elle reste décidée à améliorer son offre de réduction des tarifs agricoles, en portant celle-ci à 50 % contre 39 % proposés il y a un an, soit un chiffre proche de la baisse moyenne de 51,5 % réclamée par les pays émergents. Pour le soutien interne qui fausse les échanges, l’UE offre une diminution de 70 %. Enfin, elle accepte l’élimination complète des subventions à l’exportation, à condition que ses partenaires fassent de même.