L'UE devait signer le 27 juin des accords d'association comportant un volet de libre-échange « profond et complet » avec la Géorgie et la Moldavie, et compléter le processus de signature d'un accord du même type avec l'Ukraine. Les Vingt-huit ont par ailleurs interdit les importations en provenance de la Crimée.
PARAPHÉS le 29 novembre dernier lors du sommet du Partenariat oriental à Vilnius, les accords d'association de l'UE avec la Géorgie et la Moldavie devaient être signés le 27 juin à Bruxelles en marge du sommet européen (1). Les Vingt-huit devaient aussi compléter le processus de signature d'un accord du même type avec l'Ukraine, dont les dispositions politiques ont déjà été scellées le 21 mars dernier.
LES ministres des affaires étrangères de l'UE, réunis le 23 juin à Luxembourg, ont décidé l'interdiction des importations en provenance de la Crimée, « en réponse à l'annexion illégale » de cette péninsule ukrainienne.
Cet embargo, qui sanctionne le rattachement de la région à la Russie, frappe notamment les exportations de vin, mais aussi de blé, maïs, tournesol et fruits. Il est applicable à compter du 25 juin.
Ces trois accords prévoient notamment l'instauration d'un libre-échange « profond et complet ». Dans le cas de l'Ukraine, ce chapitre a été mis en œuvre de façon unilatérale et anticipée par l'UE il y a deux mois dans le but de soutenir Kiev (2). 82,3 % des produits agricoles en provenance de ce pays peuvent ainsi déjà entrer librement sur le marché communautaire (83,4 % pour les produits transformés), le reste – les produits sensibles (viandes, produits laitiers, œufs, céréales, sucre, champignons, tomates transformées, jus de raisin – étant soumis à des quotas tarifaires d'importation.
Du côté ukrainien, la libéralisation à l'importation est totale pour plusieurs produits européens (fromage, huile d'olive, vin, etc.). De plus, Kiev ouvrira des quotas d'importation tarifaires pour la viande porcine (10 000 tonnes par an), la viande porcine sauf jambon ni filet (10 000 t), la viande de volaille (de 8 000 t à 10 000 t au bout de cinq ans), les carcasses congelées de volaille (10 000 t) et le sucre (de 30 000 t à 40 000 t) (3).
Géorgie et Moldavie : déjà des accords sur les indications géographiquesPour sa part, la Géorgie bénéficiera de la suppression des droits d'importation de l'UE pour un montant de 5,7 millions € sur ses produits agricoles de base et de 500 000 € sur ses produits agricoles transformés. Dans le cas de la Moldavie, cet avantage sera de respectivement 43 millions et 3 millions €.
L'Union et chacun de ces deux pays sont déjà liés par des accords spécifiques sur la protection des indications géographiques.
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Par ailleurs, le marché communautaire a été totalement ouvert au début de l'année aux vins en provenance de la Moldavie, après que ceux-ci aient été interdits d'importation en Russie (4).
Un accord de libre-échange « profond et complet » avait été conclu par l'UE avec l'Arménie en juillet 2012, mais il a été abandonné en septembre 2013 à la suite de la décision de ce pays de rejoindre l'Union douanière avec le Russie, le Bélarus et le Kazakhstan.
(1) Voir n° 3425 du 09/12/13
(2) Voir n° 3444 du 21/04/14
(3) Voir n° 3345-3346 09/04/12
(4) Voir n° 3426 du 16/12/13