Suite à la confirmation, le 28 janvier, du premier cas d’ESB détecté chez une chèvre, les experts des Vingt-cinq ont approuvé, le 3 février à Bruxelles, une proposition de la Commission européenne visant à intensifier le programme de dépistage actif de l’encéphalopathie spongiforme bovine chez les caprins. L’objectif est de tester près de 200 000 animaux sur 6 mois, contre 140 000 depuis avril 2002 pour pouvoir déterminer si des mesures de prévention supplémentaires sont nécessaires. Les tests seront co-financés jusqu’à 30 euros par unité par la Communauté.
Le Laboratoire communautaire de référence ayant confirmé le 28 janvier, à l’issue d’un programme de tests réalisés sur des souris, que la chèvre française suspectée d’ESB (1) était « probablement atteinte » de cette maladie, la Commission européenne a proposé de multiplier les tests de dépistage sur les caprins pendant au moins 6 mois pour déterminer s’il s’agit d’un incident isolé ou non. Plus de 200 000 chèvres devraient être ainsi testées dans l’UE, soit 176 000 animaux sains (dont 62 750 en Espagne, 46 500 en France et 30 000 en Italie) et près de 26 000 caprins trouvés morts (dont 5 000 dans chacun des trois pays précités), selon le texte approuvé par le Comité permanent pour la chaîne alimentaire le 3 février (voir tableau).
Cette mesure permettra d’intensifier le programme de surveillance des EST déjà en place depuis plusieurs années, dont l’importance dépend de la population caprine de chaque État membre et de la présence ou non de l’ESB chez les bovins dans ces pays. Chaque cas d’EST confirmé dans le cadre de ces tests fait ensuite l’objet d’une série d’analyses complémentaires en trois phases visant à distinguer les cas de tremblante de ceux d’ESB. Plus de 140 000 caprins ont ainsi été testés depuis avril 2002 dans l’Union. Sur 134 animaux testés positifs à une EST dans ce cadre, 30 ont été soumis à une deuxième phase de tests « discriminatoires » (utilisés pour différencier la tremblante de l’ESB). Parmi ces derniers, six cas suspects ont été soumis à une troisième phase d’examen consistant en une inoculation de la maladie à des souris (une procédure qui peut durer jusqu’à deux ans). Deux se sont d’ores et déjà révélés négatifs, un a été positif (celui annoncé le 28 janvier) et les trois autres sont encore en cours d’analyse.
« Ce programme de tests nous a indiqué que l’incidence des EST chez les caprins était très faible et nous a permis de détecter les animaux suspects de manière à pouvoir les retirer de la chaîne alimentaire, comme cela a été fait pour la chèvre concernée et le reste de son troupeau », a indiqué le commissaire chargé de la protection des consommateurs, Markos Kyprianou, pour justifier l’intensification du programme de dépistage.
L’allongement de la liste des matériels à risque spécifiés, envisagée un temps, n’est en revanche plus à l’ordre du jour.
La Commission se veut rassurante
Depuis l’émergence de la maladie de la vache folle dans les années 1980, aucun cas de transmission de l’ESB à des ovins ou caprins en conditions habituelles d’élevage n’avait été recensé. Les rumeurs relatives à la contamination de moutons anglais avaient jusqu’à présent toujours été balayées par les experts.
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La chèvre testée positive, née en mars 2000 en France, avait été sélectionnée de manière aléatoire pour subir les tests EST en octobre 2002. Les premières analyses sur son cerveau ayant révélé la présence d’une EST différente des souches habituelles de tremblante, des tests in vivo sur souris avaient été entrepris. A l’automne 2004, les experts français parvenaient à la conclusion que cette chèvre était vraisemblablement atteinte d’ESB.
À l’annonce du diagnostic du laboratoire communautaire de référence, la Commission s’est empressée de rappeler les mesures de précaution déjà prises depuis plusieurs années (voir encadré) et de souligner que la chèvre contaminée et son troupeau avaient été éliminés conformément à la législation communautaire, n’étaient pas entrés dans la chaîne alimentaire humaine ou animale et ne constituaient donc « pas de risque pour la santé publique ». « Je veux rassurer les consommateurs et leur dire que les mesures de sécurité existantes dans l’Union garantissent un très haut degré de protection », a affirmé M. Kyprianou.
Un avis de l’EFSA sur la sécurité de la viande caprine d’ici juillet 2005
De son côté, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a réaffirmé dans un communiqué que, sur la base des connaissances scientifiques actuelles, « il est peu probable » que le lait, le fromage et les autres produits laitiers dérivés de chèvres et autres petits ruminants sains « présentent un risque quelconque de contamination aux EST ».
En revanche, l’EFSA a réaffirmé que « les importantes lacunes d’information actuelles ne permettent pas, à ce stade, de quantifier les risques liés à l’ESB en ce qui concerne la viande de chèvre ». L’Autorité espère pouvoir publier un avis à se sujet « d’ici juillet 2005 », sous réserve qu’elle puisse notamment avoir « accès à des résultats non publiés provenant des États membres et des pays tiers ».