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Fièvre catarrhale L’UE se prépare à la vaccination, le virus gagne le Royaume-Uni

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La découverte, pour la première fois, du virus exotique de la maladie de la fièvre catarrhale (ou langue bleue) au Royaume-Uni a attisé encore un peu plus la crainte des autorités vétérinaires de voir l’épizootie s’installer durablement au nord de l’UE. Les ministres européens de l’agriculture des six pays touchés par le sérotype 8 du virus ont réclamé, le 26 septembre à Bruxelles, l’intensification des efforts pour être en mesure de procéder dès le printemps prochain à des campagnes de vaccination.

Le virus de la fièvre catarrhale s’est désormais acclimaté aux températures plus fraîches du nord de l’Europe. Il risque vraisemblablement, selon le commissaire européen à la santé Markos Kyprianou, de ne pas être facile à éradiquer et de provoquer des épizooties de façon endémique ailleurs que dans la partie méridionale de l’Union, a-t-il indiqué en substance, à l’occasion du Conseil agricole à Bruxelles, le 26 septembre.

Face aux demandes appuyées de plusieurs Etats membres de procéder rapidement à des campagnes de vaccination pour limiter les dégâts économiques pour les éleveurs causés essentiellement par les mesures de lutte contre la maladie, le commissaire chypriote a annoncé qu’il s’attendait à ce qu’un vaccin actif, adapté au sérotype 8 du virus, soit disponible dès le mois d’avril prochain. Mais, a-t-il fait remarquer, il faudra du temps pour que les quantités suffisantes soient produites par les laboratoires.

Harmonisation des mesures de lutte contre la maladie

De plus, dès le début du mois d’octobre, Markos Kyprianou présentera au comité permanent de la chaîne alimentaire de l’UE un projet de révision de la législation. Il devrait permettre de faciliter la vaccination et les déplacements dans la Communauté des bovins et des ovins vaccinés. Ce projet prévoit d’harmoniser les mesures de lutte contre l’épizootie de façon à ce qu’il n’y ait plus deux poids deux mesures entre les éleveurs des différents pays européens. Le nouveau texte fixera précisément les règles applicables au transport des animaux. Enfin, selon un projet de texte, la définition des zones de contrôles et des zones de surveillance devrait être revue afin de permettre aux Etats membres d’adapter la taille de ces périmètres aux conditions géographiques, administratives, écologiques et épidémiologiques.

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« Crise exceptionnelle »

Pour le ministre français de l’Agriculture, Michel Barnier, l’épidémie de langue bleue constitue une « crise exceptionnelle », la plus importante depuis plusieurs années. Elle touche à présent plus de 1100 exploitations en France dans 40 départements différents, a-t-il précisé. Comme son homologue italien, le ministre français a plaidé pour qu’un soutien financier accru de la Communauté soit accordé aux éleveurs dont l’activité est perturbée par l’épizootie. De son côté, la délégation néerlandaise a mis l’accent sur la nécessité de rendre obligatoire la vaccination. Celle-ci devrait s’accompagner, a ajouté la Belgique, de « règles claires » concernant la commercialisation de la viande issue des animaux vaccinés.

A ce stade, le moucheron à l’origine de l’épizootie a contaminé plusieurs milliers de bêtes. La fièvre catarrhale, une maladie au départ typique des pays chaud, a fait son apparition, le 24 septembre, au Royaume-Uni, dans le Suffolk, à l’est du pays. Depuis, trois cas ont été confirmés par les autorités vétérinaires britanniques. Contrairement à l’année dernière, le taux de mortalité est relativement important chez les ovins infectés (près de 30 %). Il l’est beaucoup moins chez les bovins.