Abonné

Biotechnologies L’UE tente de suivre le rythme des autorisations mondiales d’OGM

- - 3 min

Malgré la forte contestation qu’ils suscitent dans l’opinion, l’Union européenne s’efforce d’accélérer son processus d’autorisation des OGM pour éviter de perturber trop gravement les importations de denrées alimentaires et d’aliments pour animaux. Quant aux producteurs américains de soja, ils mettent un peu plus l’Europe sous pression en lui rappelant que désormais leur premier client est la Chine et qu’ils ne comptent pas se priver des nouvelles technologies uniquement pour satisfaire l’Union.

Les ministres de l’Agriculture de l’UE devraient se prononcer, le 19 octobre prochain, sur une série de propositions de la Commission européenne visant à autoriser la mise sur le marché de plusieurs OGM : le maïs 88017, le maïs MON 89034 et le maïs 59122XNK603. Invariablement, les Vingt-sept ne devraient pas dégager de majorité qualifiée pour ou contre ces trois décisions, laissant l’exécutif européen trancher en dernier ressort. Seul changement : les dossiers se succèdent à un rythme plus soutenu.

Eviter de refouler des cargaisons de produits agricoles
La présidence suédoise de l’UE ne compte en effet pas attendre la fin du délai légal de trois mois après l’avis du comité d’expert pour demander aux ministres leur avis, début décembre dans le cas de ces OGM. Elle espère au contraire accélérer la cadence des autorisations pour éviter que ne se reproduisent trop souvent les crises liées à la politique de tolérance zéro à l’égard des OGM non autorisés, toujours pratiquée par la Communauté.
L’été dernier, près d’une dizaine de navires en provenance du continent américain ont été refoulés aux frontières de l’UE pour de simples « poussières » de maïs 88017. Une situation qui a fait bondir les importateurs européens, comme les producteurs américains, fortement mobilisés pour infléchir la politique européenne. Malgré le renfort déterminé de la commissaire à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, ces derniers mois, aucune proposition formelle de seuil de tolérance n’a pour le moment été soumise aux experts des Etats membres en vue d’assouplir le contrôle des cargaisons de maïs et de soja importés. Les services de la Commission indiquent que l’instauration d’un tel seuil est cependant encore d’actualité.

La Chine est devenue le premier importateur
L’exécutif européen est jugé « trop lent » pour développer une solution technique par les producteurs américains de soja. Lors d’une récente présentation à Bruxelles, ces derniers ont rappelé qu’ils jugent discriminatoire et irréaliste la législation européenne sur l’étiquetage des OGM, qu’ils déplorent que les décisions sur les OGM en Europe soient dictées par des enjeux politiques et non pas scientifiques, et qu’enfin, le processus d’approbation ne « fonctionne pas correctement » à leurs yeux.
Las, ils soulignent que l’Union européenne n’est plus seule en mesure de dicter ses choix étant donné la place occupée désormais par les importateurs chinois. La consommation de soja en Chine a cru de 3 000 % depuis 1990, indiquent-ils. Ce qui en fait le principal importateur dans le monde, très loin devant l’Union européenne.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre
importations
Suivi
Suivre