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Prix à la consommation L’UFC préconise le coefficient multiplicateur pour réguler les marges

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L’écart entre les prix agricoles du lait, du porc et du poulet, et ceux des mêmes produits peu transformés en grande surface, est important et a tendance à s’accroître, a expliqué l’UFC-Que Choisir le 8 décembre en présentant les résultats d’une enquête sur le sujet. L’association consumériste préconise d’utiliser le système du coefficient multiplicateur pour réguler les marges.

L’UFC-Que Choisir ? s’intéresse aux prix alimentaires depuis quelques années déjà et a créé son propre observatoire des prix depuis 2000, pour certains produits d’origine agricole. En cette période de crise économique et agricole, elle a mené l’enquête pour suivre l’évolution des marges des produits agricoles peu transformés en grande distribution. Sur la période du 26 septembre au 10 octobre, 102 associations locales de l’UFC ont relevé les prix dans 1250 magasins de trois produits peu transformés (près de 4000 relevés) : lait en brique, côte de porc et escalope de poulet. L’association a comparé ces relevés avec les prix moyens agricoles des matières premières correspondantes, donnés par FranceAgriMer. Elle observe que la marge des distributeurs et/ou des transformateurs a augmenté ces dernières années sur ces trois produits.
« Les prix agricoles de la volaille, du porc et du lait sont respectivement de 2,11€ ; 1,34€ et 0,29€ au kilo et au litre. En rayon, les prix moyens de l’escalope de poulet, de la côte de porc et de la brique de lait sont respectivement de 11,87€ ; 6,54€ et 0,75€, soit des différenciels considérables qui exigent une explication », note l’UFC. Interrogés par courrier, les distributeurs ont peu répondu (20%) et n’ont pas donné d’explications détaillées.

La brique de lait MDD en hausse de 11centimes
Autre observation : ces marges ont tendance à augmenter au fil des crises agricoles. « S’agissant du lait, entre septembre 2007 et septembre 2009, le prix payé à l’éleveur a baissé de 7% mais pour le consommateur, nos relevés démontrent que le prix de la brique de lait Candia a augmenté de 5%. Pire, la brique de lait à marque distributeur a, elle, augmenté de 11% ! », a expliqué Olivier Andrault, chargé de ce dossier. L’association, qui critique « l’opacité » qui entoure les prix et refuse de « tels abus », propose une mesure : l’extension du cœfficient multiplicateur, déjà applicable aux fruits et légumes, à tous les produits bruts ou peu transformés, et au minimum aux viandes fraîches de bœuf et de porc. Elle va saisir les parlementaires en ce sens dans les jours qui viennent.
La FNSEA a qualifié l’enquête de l’UFC de « bon travail » qui « confirme » les observations du syndicat majoritaire agricole. La Fédération du commerce et de la distribution (FCD), à l’inverse, dénonce un « procès en sorcellerie ». Elle estime que les comparaisons de prix de l’UFC ne sont pas pertinentes et rappelle les chiffres de l’observatoire des prix et des marges.

Les producteurs demandent un coefficient multiplicateur sur la pomme
Reçue le 8 décembre au ministère de l’Agriculture, la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF) a également demandé la mise en place du coefficient multiplicateur sur la pomme, dont les prix sont largement en deçà des coûts de revient. Au 30 novembre, la pomme a été en situation de crise conjoncturelle officielle pendant 71 jours consécutifs, et si elle en est sortie depuis, c’est uniquement parce que les cours de l’an dernier étaient en baisse (c’est la différence entre les prix actuels et les prix des années précédentes qui caractérise la situation de crise officielle). La situation du marché de la pomme a été précisée le 9 décembre à l’Assemblée nationale par Daniel Sauvaître, président de l’Association nationale pommes-poires, lors d’une rencontre organisée par Jacques Remillier, député UMP et président du groupe d’étude sur les fruits et légumes.
« La grande distribution fait actuellement des promotions à 65 centimes le kilo de pommes alors que les producteurs ne commencent à gagner leur vie qu’à partir de 75 centimes départ station ! », a indiqué Daniel Sauvaître.
La Coordination rurale s’associe à la demande de mise en place immédiate du cœfficient multiplicateur sur les ventes de pommes, s’associant aux demandes de la FNPF et l’UFC-Que Choisir. Elle estime que « ceux qui ont réussi à résister aux crises précédentes vont disparaître si aucune décision n’est prise pour faire remonter les prix ».

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