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Nutrition  L’UFC-Que Choisir en guerre contre les publicités favorisant l’obésité

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Alors que les pouvoirs publics ne cessent de rappeler de façon alarmante les chiffres attestant de la montée de l’obésité, l’association de consommateurs UFC-Que Choisir dénonce, étude à l’appui, la politique publicitaire de l’industrie agroalimentaire, qui, en vantant les produits gras et sucrés, participe à la montée de l’obésité infantile. Fort du constat de l’influence de ces publicités sur le comportement alimentaire des enfants, l’association exige l’interdiction de ces publicités pendant les programmes pour enfants.

Finies les publicités télévisées pour les céréales du petit-déjeuner Lion, la crème dessert Danette ou les sucettes Chup-chups, à l’heure des émissions enfantines ? C’est en tout cas ce que réclame l’association de consommateurs UFC-Que Choisir, s’appuyant sur une étude inédite tout juste rendue publique, réalisée par la société SPAD pour l’association en avril 2006 auprès de 352 enfants et 352 parents. Forte des résultats obtenus, l’association demande à ce que les publicités télévisées pour les produits alimentaires trop riches en graisses, sucre ou sel soient proscrites pendant les programmes pour enfants, afin de lutter efficacement contre l’obésité.

L’influence des publicités sur les comportements alimentaires

Sur les 217 spots alimentaires ciblant les enfants, relevés pendant 15 jours sur les plus grandes chaînes de télévision à l’heure des émissions enfantines, 89 % concernent des produits très sucrés ou gras, a indiqué l’association de consommateurs. Or, l’étude, qui a mesuré l’influence de ces publicités sur le comportement alimentaire des enfants est formelle. Ceux-ci affichent en majorité leur préférence pour un produit dont la publicité a été faite à la télévision et leur envie de manger ce produit plutôt qu’une marque qui ne fait pas l’objet de publicité. Entre les repas, 4 % des enfants sollicitent viennoiseries, confiseries gâteaux gras ou sucrés, et au petit-déjeuner, 64 % réclament des céréales « très sucrées », viennoiseries, gâteaux et confiseries, produits qui font l’objet de l’investissement publicitaire le plus massif. Or les parents se laissent apparemment convaincre. 40 % d’entre eux estiment qu’il est « difficile de résister aux réclamations de leur enfant » et 80 % avouent « céder à leur enfant ». Ainsi, confirme le communiqué de l’UFC-Que Choisir, « dans les placards et réfrigérateurs des familles visitées, les céréales très sucrées sont effectivement sur-représentées (31 %) ».

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L’UFC-Que Choisir dénonce et part en campagne

Or, les produits promus sont « ceux qui devraient être mangés en quantité très raisonnable », a déploré Alain Bazot, président d’UFC-Que Choisir, regrettant la « forte exposition des enfants à ces publicités ». L’étude indique que 32 % des enfants ont la télévision dans leur chambre, et que 60 % d’entre eux regardent tous les jours les programmes télévisés de fin d’après-midi. L’association décide donc de réagir. « Nous ne pouvons plus admettre le discours de l’industrie alimentaire qui a tendance à botter en touche, se dégage de ses responsabilités en prônant plus de sport pour les enfants ou bien en culpabilisant les familles qui laissent les enfants regarder la télévision», ajoute le président. Et l’association de rappeler qu’actuellement 14 millions d’enfants européens sont en surpoids et plus de 3 millions sont obèses, et qu’en France, le nombre de personnes obèses ou en surpoids augmente de 5,7 % chaque année, avec 10 à 12,5 % des enfants de 5 à 12 ans obèses et un pic de 19 % pour les enfants de 8 ans. Alors que le projet de directive « Télévision sans frontière » s’apprête à élargir la présence publicitaire sur les écrans, l’UFC-Que Choisir a donc décidé, avec les grandes associations de consommateurs européennes, telles que Which en Grande-Bretagne ou Altroconsumo en Italie, de « partir en campagne auprès des parlementaires européens pour obtenir l’interdiction des publicités pour les produits alimentaires trop riches en graisses, sucre ou sel pendant les programmes pour enfants », a précisé M. Bazot. Certains industriels ont déjà décidé de priver la télévision de publicité. C’est le cas de Ferrero (Nutella, Kinder) ou Coca-Cola, qui rappelle son engagement de ne pas faire de publicité télévisée pour ses produits dans les émissions destinées aux enfants de moins de 12 ans.